RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Lc 12:35

Dans les différents évangiles, il est beaucoup dit sur la nécessité d'être prêt à agir, qu'il s'agisse du témoignage rendu au Christ ou de la rencontre avec Lui. Beaucoup de paraboles du Sauveur en parlent. Les paroles sur les reins ceints et la lampe allumée nous ramènent au même thème. Jésus parle clairement de la disponibilité à agir, à rendre sa vie réellement chrétienne. La ceinture, surtout la ceinture du soldat, disait beaucoup dans l'Antiquité sur son propriétaire; dans l'armée, elle était même un signe distinctif remplaçant les épaulettes.

Un officier qui retirait sa ceinture et la remettait à son supérieur présentait en fait sa démission. Avant une campagne, chacun dans l'armée devait se ceindre, d'abord pour que tous voient son rang militaire. Mais dans la vie ordinaire, civile, retirer sa ceinture signifiait se relâcher et même se débrider; en russe, le mot «se déceindre» a justement ce sens. Sans ceinture, il était difficile d'imaginer un long voyage: on y portait habituellement une outre d'eau, un petit sac spécial pour l'argent et les papiers nécessaires, ainsi que de petits objets indispensables en route, comme le briquet.

Se ceindre signifiait donc habituellement se préparer à partir, et probablement pour une longue route. Mais le Sauveur a clairement en vue non seulement cet aspect extérieur de l'image. Il parle aussi de cette concentration intérieure qui s'obtient par l'observance cohérente des commandements et par le suivi de la Torah intérieure. Un tel suivi forme dans l'homme un noyau spirituel nécessaire à une vie chrétienne pleine.

L'image de la lampe est tout aussi riche de sens, et même plus encore: dans le même Sermon sur la montagne, elle signifie à la fois le témoignage qu'il est impossible, et inutile, de cacher, et la vision spirituelle de l'homme, avec l'image de l'œil comme lampe éclairant le corps humain. Bien sûr, on ne peut parler d'aucune pureté du regard s'il n'y a pas de noyau spirituel, atteint par le suivi de la Torah intérieure. Mais cette pureté ne restera qu'une possibilité si l'homme ne prend pas conscience de l'intégrité intérieure à laquelle il est parvenu et de la mesure de sa plénitude.

Si cette conscience est présente, alors le corps de l'homme est lumineux: l'homme ne se trompe pas sur lui-même, il prend conscience de sa vie intérieure et de chaque intention qui naît dans son cœur. Un tel homme sait qui il est, ce qu'il peut, ce qu'il ne peut pas, et ce qu'il vaut donc mieux qu'il n'entreprenne pas. Cependant, cette conscience est aussi nécessaire au témoignage plénier. Le témoignage chrétien ne peut pas être théorique: seul peut témoigner l'homme qui a vécu dans son expérience ce dont il parle, et une telle expérience ne peut être que celle de la communion avec le Christ et de la vie dans le Royaume.

Or une expérience de ce genre ne peut être acquise sans intégrité intérieure et sans vie consciente: même si une rencontre se produit, ou si advient une expérience de la réalité spirituelle, ou même de la réalité du Royaume, sans intégrité intérieure et sans conscience, l'homme ne pourra ni retenir, ni mémoriser, ni comprendre ce qu'il a vécu. Voilà pourquoi le Sauveur attire l'attention de Ses auditeurs sur les reins ceints et la lampe: sans eux, non seulement le témoignage, mais le chemin même du Royaume sont impossibles. Et il est donc impossible d'être Son disciple.