RÉFLEXIONS pour Ac 7:1-59
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre la prédication des apôtres et des premiers chrétiens en général. Elle présente le discours d'Étienne devant le Sanhédrin, prononcé pour sa défense face aux accusations d'atteinte au peuple, au Temple et à la Torah (Ac 6,11–14). Il n'est pas étonnant qu'Étienne commence son discours par un long parcours historique, apparemment destiné à éclaircir son rapport au Temple et à la Torah (v. 2–50). Il rappelle ici le lien étroit de l'histoire juive avec la Révélation et la Torah, en soulignant la continuité de la tradition qui relie le Temple, par Salomon et David, aux temps antérieurs, une tradition enracinée au temps de Moïse et de l'Exode. Compte tenu des accusations portées contre Étienne, ce début était parfaitement naturel et logique. La même logique exigeait qu'après cette rétrospective concernant le Temple et la Torah, il aborde un thème alors bien connu de tous : la Torah intérieure et l'homme comme Temple vivant. Étienne était apparemment déjà prêt à en parler précisément (v. 48–50). Et de la Torah intérieure et de l'homme comme Temple vivant, il aurait été facile de passer au thème du Royaume, qui était sans aucun doute au centre de la prédication des apôtres comme des premiers chrétiens en général. Une telle prédication était probablement bien dans le caractère d'Étienne, que l'évangéliste décrit comme un homme « sage » (Ac 6,10) ; selon la conception de la sagesse à l'époque évangélique, un tel homme ne pouvait manquer d'être aussi un bon orateur. Les accusations qu'Étienne lance au visage de ses auditeurs (v. 51–53) ne correspondent assurément pas à son discours précédent, ni par leur sens ni par leur caractère accusateur. Peut-être furent-elles inattendues pour Étienne lui-même. Cela pouvait fort bien se produire, car ses paroles étaient guidées non seulement par ses propres projets et intentions, mais avant tout par la révélation qu'il recevait de Dieu. C'est apparemment l'intervention directe de Dieu qui interrompt son discours. Mais pourquoi cela se produit-il ? Le plaidoyer d'Étienne aurait sans aucun doute débouché sur une prédication du Royaume. Peut-être sommes-nous devant une situation semblable à celles qui obligeaient parfois Jésus Lui-même à garder le silence ou à ne pas répondre à une question. Il est des situations et des circonstances où ceux qui interrogent ne veulent entendre aucune réponse autre que celle qu'ils connaissent déjà. Alors, accuser ces interlocuteurs de mauvaise foi devient la seule forme de témoignage possible, quelles qu'en soient les conséquences pour celui qui ose le porter.
