RÉFLEXIONS pour Lc 11:29-32 — le 14 octobre 2024

RÉFLEXIONS pour Lc 11:29-32

En décrivant Ses contemporains, témoins de Son ministère terrestre, Jésus les compare tantôt à la reine de Saba, tantôt aux habitants de Ninive, qui se sont convertis et repentis de leurs péchés sous l'effet de la prédication du prophète Jonas. En parlant ainsi, le Sauveur veut souligner le refus de beaucoup de Ses auditeurs d'entendre la nouvelle qu'Il cherche à leur transmettre. Il comprend le « signe du prophète Jonas » de deux manières.

Dans un cas, Il rappelle la tradition conservée dans le livre de Jonas selon laquelle le prophète passa trois jours dans le ventre de la baleine qui l'avait avalé : c'est une allusion évidente aux événements à venir, à Sa mort et à Sa résurrection. Mais, dans ce passage, il s'agit d'autre chose : du succès, inattendu pour le prophète lui-même, de sa prédication à Ninive, capitale de l'Empire assyrien. Pour les Juifs d'avant l'Exil, Ninive était un symbole du mal dans le monde, comme Babylone le devint pour ceux d'après l'Exil. Pourtant, les habitants de Ninive surent entendre le prophète, tandis que les contemporains de Jésus ne veulent pas L'entendre.

Il en va de même de la reine de Saba, qui régnait sur le royaume sabéen à l'époque où Salomon régnait à Jérusalem. Elle était prête à faire un long voyage pour écouter un homme dont elle avait entendu dire qu'il possédait une sagesse donnée par Dieu, et elle fit effectivement ce voyage. Ceux qui écoutaient Jésus, eux, n'avaient nulle part où aller : le Sauveur était venu Lui-même jusqu'à eux. Mais ni Sa venue ni Son témoignage ne les intéressaient. Tout cela ne les intéresse pas parce que, contrairement aux habitants de Ninive ou à la reine de Saba, ils savent déjà tout.

Ils savent à quoi le Messie doit ressembler, comment et d'où Il doit venir, ce qu'Il fera et comment. Et surtout, ils sont convaincus que le Messie viendra d'abord à eux et pour eux. C'est justement pourquoi ils sont pharisiens, les « séparés » : ils sont le reste, ce reste messianique dont parlaient les anciens prophètes. Une telle assurance ferme généralement l'homme à toute parole, divine comme humaine, et le laisse donc incapable d'être prêt à entrer dans le Royaume.