RÉFLEXIONS pour Lc 5:12-16 — le 8 octobre 2024

RÉFLEXIONS pour Lc 5:12-16

Le lépreux dont le passage d'aujourd'hui de l'Évangile selon Luc raconte la rencontre avec le Seigneur Jésus manifeste à la fois de l'audace et de l'humilité. Selon la loi, il n'a le droit ni de s'approcher des autres ni même d'entrer dans les lieux habités. La lèpre étant contagieuse, la loi prescrivait de couper tout contact entre le lépreux et le reste du monde. Au-delà de l'aspect médical, le contact avec un lépreux, ou même avec ses affaires, était considéré comme une souillure, une source d'impureté rituelle. Pourtant, il est venu dans la ville, malgré le risque d'être lapidé, parce qu'il lui était vital de rencontrer le Maître de Nazareth. Au fond, c'était sa seule chance, son unique espoir : on ne savait pas soigner la lèpre, mais l'histoire d'Israël connaissait des guérisons obtenues par la prière des prophètes.

Voici donc ce lépreux qui traverse la ville en essayant de ne pas attirer l'attention et qui arrive enfin auprès de Jésus. Ici, l'audace n'a plus sa place : dans la plus profonde révérence possible, il se prosterne face contre terre devant Jésus et dit : « Si Tu le veux, Tu peux me purifier. » Le sens exact de la phrase grecque est : « Si Tu le veux, Tu as le pouvoir de me purifier. » Pour que cette guérison miraculeuse et incroyable se produise, il ne faut que la volonté, le désir de Jésus, rien de plus. Le lépreux reconnaît ainsi en Jésus plus qu'un Maître ou un Prophète : il confesse Sa toute-puissance.

Heureusement, il n'y avait très probablement aucun autre témoin de cette scène que les apôtres. Sinon, un terrible scandale aurait éclaté ; le Sauveur aurait dû quitter précipitamment cette petite ville si des pharisiens avaient vu ce qu'Il faisait. Pour n'importe quel maître, n'importe quel rabbi, parler même à un lépreux aurait été une souillure, et tout rabbi pharisien l'aurait d'abord chassé de la ville. C'est précisément pourquoi le lépreux dit « si Tu le veux » : il reconnaît humblement le caractère illégal de son geste désespéré. Mais Jésus Se penche — le lépreux est toujours à terre — et le touche de Sa main ! Ce geste est une icône d'une étonnante clarté de la miséricorde de Dieu. Comme dans une goutte d'eau, toute la Révélation de la Nouvelle Alliance s'y reflète. Et ces paroles de Jésus, au fond si simples et ordinaires, « Je le veux, sois purifié », retentissent alors comme les ordres du Tout-Puissant aux premiers jours de la création : « ...car Il a parlé, et cela fut ; Il a commandé, et cela apparut » (Ps 33:9). L'humilité, l'espérance et l'audace du lépreux deviennent ainsi l'image de notre salut.