RÉFLEXIONS pour 1Th 2:1-12 — le 8 octobre 2024

RÉFLEXIONS pour 1Th 2:1-12

Poursuivant le souvenir de son témoignage et de celui de ses compagnons de ministère à Thessalonique, Paul attire l'attention sur certains traits qui ont rendu ce témoignage fécond. Il mentionne en particulier deux choses : leur sincérité, à lui et à ses compagnons, et la confiance totale avec laquelle ils se sont remis entre les mains de leurs hôtes thessaloniciens, qui les ont accueillis après les persécutions subies à Philippes (v. 1–2). Celui qui répand un enseignement nouveau qu'il croit sincèrement vrai a souvent du mal à ne rien introduire de personnel dans sa prédication : ses propres idées, ou le désir ordinaire, si humain, de se mettre en valeur ou de s'affirmer grâce à l'intérêt suscité chez ses auditeurs. Mais Paul, comme ses compagnons, n'a jamais cherché, selon son propre témoignage, à prêcher ses idées ou ses opinions, ni à manquer de sincérité ou à ruser pour plaire à ceux qui l'écoutaient (v. 3–5).

C'était assurément important, non seulement parce qu'une duplicité directe ou indirecte aurait violé le neuvième commandement, mais aussi parce qu'elle aurait réduit le témoignage à néant, ne laissant qu'une prédication purement humaine, celle d'une idée, et non un témoignage du Christ et du Royaume. En effet, on ne peut témoigner du Royaume que lorsqu'il est visible, lorsqu'il se tient derrière les paroles du témoin comme le Christ S'y tient Lui-même, pourvu que le témoin demeure celui du Christ et non le prédicateur de ses seules idées. C'est précisément pourquoi tout élément propre, humain, qu'un témoin du Christ et du Royaume introduit dans son témoignage le déforme inévitablement. Et les auditeurs perçoivent généralement cette fausseté d'autant plus vite qu'ils cherchent eux-mêmes avec sincérité ce qui est véritable et constitue le fondement de la vie spirituelle, même s'ils ne savent pas encore ce que c'est.

L'ouverture dont parle l'apôtre lorsqu'il rappelle qu'ils étaient prêts à partager avec leurs auditeurs non seulement la Bonne Nouvelle, mais leur propre vie, leur « âme » (v. 6–9), est une condition tout aussi importante d'un témoignage fécond. Ce point était essentiel non seulement parce que, sans une telle ouverture, on peut difficilement attendre une entière sincérité dans les relations, mais aussi parce que toute expérience d'une vie partagée dans le Royaume devient impossible sans elle. Le Royaume, sans nullement effacer la personne, abolit pourtant toutes les barrières qui séparent les hommes, y compris celles qui, du point de vue de notre monde encore non transfiguré, paraissent non seulement acceptables, mais même expressément nécessaires. En y renonçant au profit d'une ouverture extrême, Paul et ses compagnons donnaient aux futurs convertis un exemple concret des relations du Royaume, des relations auxquelles ils associaient leurs futurs frères. Ainsi l'apôtre et ses compagnons de ministère proposaient aux futurs convertis des exemples vivants de la vie et des relations du Royaume, leur permettant de goûter spirituellement à l'avance la vie qui les attendait s'ils se convertissaient.