RÉFLEXIONS pour Mt 22:1-14 — le 29 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Mt 22:1-14

La parabole des invités au festin ne laisse aucun doute : c'est bien de nous qu'elle parle. Mais parmi lesquels sommes-nous ? Parmi ceux qui ont été invités les premiers, mais ont refusé ? Oui, car beaucoup d'entre nous ont tant reçu dès leur naissance ; beaucoup sont nés dans des familles stables, ont reçu une bonne éducation et une bonne instruction : comme si, dès le départ, nous avions eu en main cette invitation aux sommets de l'esprit. Mais il s'avérait souvent que notre excellente éducation et notre instruction pouvaient nous servir à nous faire une place dans la société, et cela paraissait si tentant... Ou peut-être, au contraire, n'avons-nous rien reçu de particulier : une école de quartier soviétique ordinaire, des parents toujours retenus au travail, et notre esprit qui végétait dans la misère. Mais ensuite, nous avons été appelés. Et qu'est-il arrivé après ? Citons un passage d'un sermon du métropolite Antoine de Souroge. « Et voici peut-être la chose la plus incompréhensible d'abord, puis la plus étonnante de toute cette parabole. Le peuple s'est rassemblé ; la salle des noces est pleine ; le maître entre et, au milieu de cette foule bigarrée, aperçoit un homme qui ne porte pas le vêtement de noces. Il ordonne de le jeter dehors. Comment le comprendre ? Il a invité des mendiants, des vagabonds, des gens qui n'ont absolument rien ; d'où les autres tenaient-ils ce vêtement de noces ? Ils n'avaient tout de même pas passé leur vie à garder en réserve un vêtement de noces pour le cas inouï où on les inviterait à un festin nuptial !.. Il faut comprendre ici ce qui se passe, ce qui se passait en Orient dans la pratique de l'hospitalité. Un voyageur arrivait ; riche ou pauvre, le maître le recevait à la porte de sa maison, l'accueillait comme un envoyé de Dieu, se penchait et lui lavait les pieds, poussiéreux, blessés, fatigués. On lui donnait des vêtements neufs, on lui oignait la tête, afin qu'il puisse entrer et festoyer avec les plus riches, sans être humilié ni avoir honte de sa pauvreté ; afin que, pour un instant, lui aussi soit l'égal de tous, car l'amour rend les hommes égaux.

Or un homme est arrivé. Lui aussi a été accueilli avec amour ; on voulait aussi lui laver les pieds, lui oindre la tête, lui donner un vêtement de noces, mais il a probablement dit tout simplement : “Non, ce n'est pas pour cela que je suis venu. On m'a dit qu'ici on donnait à manger ; assez de tous ces préparatifs, j'ai faim !” Et il est entré en méprisant l'hospitalité, sans prêter aucune attention à l'amour qui lui était offert ; il n'avait pas besoin du cœur du maître, il voulait seulement son pain. Et il ne s'est pas trouvé de place pour lui dans ce royaume où le pain suffit à tous, mais où l'on n'entre que par l'amour. »