RÉFLEXIONS pour Ga 1:1-10 — le 26 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Ga 1:1-10

Les paroles de Paul au sujet d'un « autre Évangile » peuvent, à première vue, paraître excessivement tranchantes et dures, surtout lorsqu'il évoque « un ange du ciel ». Si même un messager de Dieu ne mérite pas qu'on lui fasse confiance lorsqu'il apporte une autre bonne nouvelle, à qui peut-on donc se fier ? Pourtant, Paul illustre ici, volontairement ou non, à partir d'une situation précise dans l'Église de Galatie, une loi extrêmement importante de la vie spirituelle, que l'on pourrait appeler la loi de l'identité spirituelle à soi-même. Cette loi s'applique aussi bien à une personne qu'à une communauté entière, grande ou petite. Elle relie la plénitude et la fiabilité de la révélation reçue à l'intégrité spirituelle de la personne humaine.

Le problème de l'observateur existe, comme on le sait, dans les domaines les plus divers de l'activité humaine et se manifeste différemment selon ce que fait la personne concernée. Mais il se pose avec une acuité particulière dans la vie spirituelle. Chacun ne peut y voir que ce qu'il est capable de percevoir. Certes, il arrive que quelqu'un reçoive la révélation de plus qu'il ne peut accueillir. Mais, en général, cette personne oublie ensuite ce qui lui a été montré, ou réinterprète ce qu'elle a vu en l'ajustant à son propre niveau de perception. Ce qui était fiable devient incertain, non parce que la révélation était incomplète ou limitée, mais parce que la personne elle-même n'est pas à la mesure de ce qui lui a été révélé.

Car la fiabilité de la révélation tient non seulement à Celui qui révèle, mais aussi à celui qui reçoit. Pour que la vérité révélée soit perçue comme ne pouvant être révisée, l'homme doit rester intérieurement identique à lui-même et être en accord avec la révélation reçue. Si cet accord manque, celui qui a reçu une révélation se met souvent, peu après, à chercher autre chose qui permettrait d'« adapter » ce que Dieu a révélé au niveau humain habituel et familier.

C'est ainsi qu'apparaissent les « autres Évangiles », qui semblent seulement compléter celui qui a été entendu au départ, mais qui, en réalité, le déforment ou le limitent. Dès lors, même le message d'un messager de Dieu ne sera plus perçu correctement : on le recherche non pour lui-même, mais comme moyen d'« adapter » ce qui a été entendu auparavant. C'est de ce très grave danger spirituel que Paul avertit les chrétiens de Galatie ; d'où la dureté de ses expressions : la situation était trop sérieuse pour en parler avec douceur et de façon évasive.