RÉFLEXIONS pour Lc 4:30 — le 22 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Лк 4:30

Parfois, la plénitude de la vie de Dieu en Jésus se manifeste de manière inhabituelle et inattendue. La foule est prête à Le saisir, mais Lui, d'une façon ou d'une autre, passe au milieu d'elle. Soit inaperçu, soit invulnérable. Peut-être les deux à la fois. L'évangéliste n'explique pas comment Il réussit à traverser la foule agressive. Il est passé tout simplement près d'elle.

Il se mouvait dans une autre dimension, dans un autre espace, l'espace de Son Royaume, qui n'a jamais été fermé pour Lui, même lorsqu'extérieurement rien ne Le distinguait des autres hommes. On ne Le voyait pas parce qu'Il aurait utilisé des méthodes particulières pour Se cacher, comme un bonnet d'invisibilité de conte, mais parce qu'Il était passé là où ceux qui Le poursuivaient ne pouvaient pénétrer, bien qu'ils continuaient à Le voir.

À peu près comme après Sa résurrection, lorsqu'Il fut visible pour Ses disciples marchant vers Emmaüs, tout en se tenant dans le Royaume, dont la frontière avec le monde non transfiguré passait justement par la route qu'ils suivaient, de sorte qu'Il se trouvait d'un côté de la frontière et eux de l'autre. Il Lui suffisait de s'éloigner de la frontière vers la profondeur du Royaume pour disparaître aux yeux des apôtres. Mais près de la frontière, Il était visible même à ceux qui n'étaient pas encore entrés dans le Royaume. Ainsi la foule pouvait Le voir sans entrer dans Son Royaume. Mais Le toucher, Le saisir, était impossible.

Cette invulnérabilité paraît étrange au regard de tout ce qui arriva ensuite, lorsqu'Il fut pourtant arrêté, jugé, exécuté. S'Il pouvait devenir invulnérable à la foule alors, qu'est-ce qui L'empêchait de faire la même chose plus tard? Techniquement, rien. Les paroles qu'Il prononça au jardin de Gethsémani au sujet des légions d'anges n'étaient pas une allégorie; c'était la constatation d'un fait, l'indication d'une possibilité bien réelle dont Il ne pouvait toutefois user que s'Il décidait de violer la volonté de Son Père céleste.

Dans la vie de Jésus, rien n'était forcé ni inévitable au sens où ces choses existent pour nous. Sa vie était déterminée seulement par Son choix et par les décisions de Son Père, qu'Il recevait et percevait comme les Siennes propres. Il ne pouvait pas ne pas aller à la croix, non parce qu'Il n'avait pas d'autre issue, mais parce qu'autrement Il n'aurait pas accompli ce pour quoi Il était venu dans le monde. Mais alors, à Nazareth, il était encore trop tôt pour Lui de mourir. Et Il s'en alla. Il s'éloigna de la foule en passant par la route de Son Royaume. Route qui, traversant notre monde déchu, L'aida alors à échapper aux mains de la foule hostile, avant de Le conduire plus tard à la croix.