RÉFLEXIONS pour Is 46:1-13 — le 20 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Is 46:1-13

La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée à Babylone et à son destin. La mention de la chute de Bel et de Nébo (v. 1) renvoie aux événements liés au siège et à la prise de Babylone par l'armée perse. Bel, ou Bel-Mardouk, était le dieu protecteur de Babylone, tandis que Nébo passait pour le protecteur de la dynastie qui y régnait alors. Il faut noter que les Perses prirent Babylone beaucoup plus vite qu'on aurait pu s'y attendre, et qu'une trahison ne fut probablement pas étrangère à cette histoire : il se trouva dans la ville des gens qui ouvrirent littéralement les portes à l'ennemi. Pour le prophète, cet événement fut avant tout un témoignage de l'impuissance des dieux païens et de l'inanité du paganisme. Il appelle certains apostats à se convertir (v. 3–9), ce qui paraît à première vue un peu étrange : la communauté juive de Babylone était déjà une communauté du judaïsme ; la Synagogue et le judaïsme étaient d'ailleurs précisément nés pendant l'exil. Il est pratiquement impossible d'imaginer un Juif païen, à cette époque comme plus tard : un tel Juif serait tout simplement devenu un marginal, et ses descendants se seraient probablement vite assimilés. Il n'est pourtant pas exclu que des apostats soient réellement apparus dans la communauté juive peu avant la chute de Babylone, si l'on suppose que la communauté subissait alors des persécutions liées à la réforme religieuse entreprise dans le pays par le dernier souverain de Babylonie, Bel-Tetser, le Balthasar biblique. On trouve des échos de ces persécutions non seulement dans les livres de Daniel et d'Esther, mais aussi dans la seconde partie du livre d'Isaïe ; les anciennes archives babyloniennes ont, quant à elles, conservé le décret de Bel-Tetser instituant la réforme. Il n'est pas exclu que cette réforme, qui provoqua un conflit entre le pouvoir et les corporations sacerdotales, ait accéléré la chute de Babylone en facilitant aux Perses la prise de la ville. Le prophète, lui, reproche aux apostats leur peu de foi, en leur disant que tout va très bientôt changer : Dieu libérera Ses fidèles en leur envoyant de l'Orient un libérateur qu'ils n'attendaient absolument pas (v. 10–13). Le triomphe de ce libérateur sera en même temps celui de la justice de Dieu. Une telle compréhension de cette justice pourrait sembler la restreindre quelque peu, en la ramenant à une situation précise et immédiate. Mais, pour l'homme, le péché et la justice, le fait d'avoir raison ou tort, sont toujours liés à une situation concrète qui se forme ici et maintenant. Et Dieu, lorsqu'Il intervient dans la vie d'une personne ou d'un peuple entier, agit Lui aussi de façon tout à fait concrète dans une situation donnée, en conduisant chacun au choix qu'il lui appartiendra de faire lui-même. Pour le souverain de Babylonie, Cyrus arrivant de l'Orient avec son armée fut un conquérant ; pour la communauté juive, il fut un libérateur. Le plan de Dieu inclut chacun. Mais ce que l'homme devient aux yeux de Dieu ne dépend que de lui-même.