RÉFLEXIONS pour Jb 37:1-24
Comme l'hymne à la toute-puissance de Dieu sonne bien dans la bouche d'Élihou, et sur quel cauchemar s'achève son discours. Dieu commande aux éléments : qui peut Lui résister ? Tout ce qui se passe sur terre, la neige et la chaleur, la pluie et l'éclat du soleil, tout est dans la main de Dieu ; en tout, l'homme voit des manifestations de Sa puissance. C'est vrai : depuis toujours, les éléments proclament la gloire de Dieu, et l'homme ne cesse de s'en émerveiller. Cette possibilité de voir la droite du Très-Haut derrière tout ce qui nous entoure est un grand don, pour lequel nous devrions toujours remercier Dieu. L'apôtre Paul dit dans l'épître aux Romains que ce don est accordé à tous, même aux païens. L'hymne d'Élihou glorifie lui aussi Dieu, dont la puissance se manifeste dans la création.
Mais Élihou dit tout cela en pensant que Dieu est là-haut, dans les cieux. Il est occupé à des œuvres merveilleuses, Il gouverne l'univers et établit l'équilibre des nuages. « Sais-tu comment Dieu fait tout cela ? », demande-t-il à Job. Dieu est incompréhensible, et, pour Élihou, L'invoquer comme une Personne n'a pas de sens. Avec sarcasme, il demande à Job : « Apprends-nous ce qu'il faut Lui dire. » À qui Job veut-il parler ? De qui cherche-t-il une réponse ? Dieu est invisible et, avec les amis de Job, Élihou se moque de lui : « Dans ces ténèbres, nous ne pouvons rien comprendre. »
La phrase suivante d'Élihou est rendue différemment selon les traductions ; la Septante et les versions qui la suivent s'écartent ici du texte hébreu. Deux aspects essentiels caractérisent le sens de ces paroles. « Qui a dit que les paroles prononcées Lui parviennent ? », selon la formulation de la traduction synodale russe. Élihou ne doute pas simplement que Dieu entende l'homme ; il est plutôt certain du contraire. « Celui qui Lui parlera périra », rend la même phrase la traduction de Desnitski, à peu près comme la Vulgate et plusieurs traductions européennes. Élihou estime que Dieu est trop grand pour qu'un dialogue avec Lui soit possible. L'éclat aveuglant de Sa gloire, qui resplendira comme le soleil au milieu des nuages, est insupportable à l'homme. « Nous ne Le comprenons pas », dit Élihou ; il ne reste donc qu'à croire en Sa justice et à trembler, en se contentant de misérables explications théologiques de ce qui arrive dans la vie.
