RÉFLEXIONS pour Is 55:8
Mais quoi alors: si Ses pensées ne sont pas nos pensées, et Ses voies aussi, signifie-t-il que tout est inutile? Comment vivre avec un tel Dieu, comment Le comprendre? Probablement, aucunement. Mais qu'est-ce que c'est nos pensées et nos voies? Quand, à quel moment ils deviennent les nôtres, séparés de Lui? En effet, dès le commencement, dès le moment de la création Son souffle bat en nous devenant notre coeur, ce coeur spirituel, où naît la volonté et la détermination, où est fait le choix et où les décisions sont prises. Alors quand et pourquoi Ses pensées ont cessé d'être les nôtres? Toute personne, familière à l'histoire biblique dira : au moment de la chute.
Mais qu’est-ce qui s’était alors passé? L’homme a voulu devenir «comme Dieu» (c’est notamment ainsi dans le texte Hébreu). En quoi ? En mesurant la force? Ou la connaissance? Probablement non: car une telle chose, même pour nous, des gens déchus, semble absurde. Mais en quoi alors? Dans la connaissance du bien et du mal? Mais est-ce qu'avant la chute, les gens ne connaissaient pas ce qui est bon et ce qui est mauvais? Bien sûr qu’ils connaissaient, autrement n'importe quelles interdictions perdent tout sens moral, comme la notion même du péché. Mais en effet, il y a autre chose ici: le désir de résoudre nous-mêmes ce qui est bon pour nous, et ce qui est mauvais.
Nous-mêmes, sans Lui. Non selon Ses ordres, mais indépendamment, comme de grandes personnes. Il semblait ainsi. Mais dans les faits c’est notamment en ce moment-là que la volonté de l’homme a commencé à se séparer de la volonté de Dieu. Mais Il ne nous a pas enlevés Son souffle, ne nous a pas privés du coeur. Voici seulement ce souffle a commencé à se faire sentir de plus en plus faiblement, et avec cela faiblissait la volonté, qui autrefois, avant la chute définissait toute notre vie, spirituel et corporel. Et après — de plus en plus — notre volonté a commencé à se soumettre à ce qu’elle était appelée à diriger.
Et plus elle se soumettait, moins il nous restait de la force pour cette opposition, pour ce qu’il ne fallait pas résister, bien sûr si les relations avec Dieu n’étaient pas pour nous juste des simples mots. Ainsi graduellement, pas à pas, notre volonté s'est séparée de Sa volonté, et nos voies — avec Ses voies. Bien sûr, ce n’est pas à l’homme de connaître les profondeurs de la Personnalité de Dieu. Ils sont connus seulement par Lui-même, et plus personne. Mais connaître Sa volonté et Ses voies définies par Lui pour nous, l’homme était toujours capable. Jusqu'à ce qu’il ne veule vivre lui-même, séparé de Dieu, dans son petit monde. Par sa volonté. Et selon ses voies.
