RÉFLEXIONS pour Lc 5:1-11 — le 5 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Lc 5:1-11

La terreur semble être une réaction assez typique de ceux qui voient les miracles accomplis par Jésus. Pourtant, cette réaction n'a pas le même sens selon les cas. En principe, la terreur, ou plus précisément le saint tremblement, est la réaction la plus naturelle de l'homme à la proximité de Dieu. Elle a été à peu près la même en tout temps, et le premier personnage mentionné dans la Bible à avoir éprouvé cette terreur fut Abraham.

Mais le contenu spirituel de ce saint tremblement qui saisit l'homme en présence de Dieu dépend largement de la personne elle-même et de ses relations avec Dieu. Bien sûr, si Dieu ne se révèle à l'homme que comme puissance, celui-ci tremble précisément de terreur : la terreur d'un être fini devant une puissance infinie, qui le dépasse donc absolument. Telle était probablement la terreur d'Abraham : Dieu ne faisait alors que ses premiers pas à la rencontre de l'homme, et il ne pouvait pas encore être question de la proximité du Royaume. Il en va autrement aux temps évangéliques, lorsque, selon les paroles du Sauveur, le Royaume « s'est approché », parce que lui-même l'a apporté dans le monde.

Les contemporains du ministère terrestre de Jésus n'auraient apparemment pas dû connaître cette terreur de l'inconnu éprouvée par Abraham : l'expérience de la proximité et de l'amour de Dieu comptait déjà plusieurs siècles. Mais cette expérience semble être restée de tout temps le partage d'une minorité, de ce reste dont parlaient les prophètes. Et les miracles du Sauveur terrifient beaucoup de ceux qui n'y voient que les manifestations d'une puissance monstrueuse, surhumaine.

Il existe pourtant une autre réaction, celle de Pierre, que terrifie non pas le miracle, mais son propre péché, sa propre inadéquation à Celui devant qui il se trouve. Une telle terreur est propre à toute personne spirituellement lucide, qui ne se fait pas d'illusions sur sa vie spirituelle. Ce qui domine ici n'est ni la peur de l'inconnu ni la terreur devant une puissance qui écrase l'homme, mais la conscience de sa propre responsabilité devant cette plénitude de la présence de Dieu qu'implique le Royaume qui s'ouvre. Sans cette responsabilité, il ne peut y avoir aucune vie spirituelle. Et, bien entendu, aucune vie dans le Royaume.