RÉFLEXIONS pour Jr 29:1-32 — le 2 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Jr 29:1-32

La lecture d'aujourd'hui contient une lettre envoyée par Jérémie aux habitants de Jérusalem déportés à Babylone. Cette déportation eut lieu en 589 avant notre ère, lorsque Jérusalem fut prise par les troupes babyloniennes après un siège relativement court. La ville n'avait pas encore été rasée, comme elle le serait deux ans plus tard, et le Temple était toujours debout. La majeure partie de l'aristocratie fut déportée, ainsi qu'une partie des prêtres du Temple, des marchands et des artisans. Tous furent établis soit à Babylone même, soit dans les faubourgs proches, dans des localités dont les habitants travaillaient à Babylone. Les autorités locales n'opprimaient pas les déportés ; au contraire, elles cherchaient par tous les moyens à hâter leur assimilation et leur accordèrent donc les mêmes droits qu'aux habitants du pays. Tous les déportés avaient été autorisés à emporter de l'argent et des biens meubles ; dans une ville aussi grande que Babylone, marchands et artisans pouvaient facilement trouver une activité.

Mais les déportés étaient absolument convaincus que tout ce qui était arrivé n'était qu'un malentendu que Dieu dissiperait bientôt, permettant à la Judée de se libérer de la domination babylonienne et aux déportés de rentrer dans leur patrie. Dans la communauté juive de Babylone, on vivait les valises à la main : personne ne songeait à s'installer sérieusement sur place, chacun espérait un retour prochain chez soi. Ces espoirs étaient attisés par des prophètes en extase (v. 21), qui affirmaient que la captivité ne durerait pas longtemps.

Jérémie, au contraire, avertit les déportés que la captivité ne prendra pas fin rapidement et leur conseille de s'installer sérieusement et durablement dans leur nouveau lieu de vie (v. 5–10). Contrairement à la plupart de ses contemporains, le prophète comprenait que les événements n'étaient pas fortuits, mais découlaient de l'état spirituel du peuple ; tant que celui-ci ne se convertirait pas et ne se repentirait pas des péchés commis, il ne pourrait être question de revenir sur la terre des pères (v. 11–14).

De telles paroles allaient évidemment à l'encontre des espoirs et des attentes de la majorité, mais le prophète ne pouvait ni ne voulait tromper les siens. Il comprenait qu'il ne s'agissait pas du châtiment de Dieu en tant que tel : permettre au peuple de revenir à son état antérieur sans repentir ni conversion aurait signifié retourner à ce passé dont Dieu voulait le faire sortir.

Jérémie comprenait bien sûr parfaitement que Dieu ne ramènerait pas son peuple dans le passé, qu'il n'y avait pas de retour en arrière et qu'on ne pouvait qu'avancer sur le chemin de la purification et du renouvellement spirituels. Ce n'est que lorsque le peuple serait spirituellement renouvelé que Dieu rendrait à ce peuple nouveau la terre de ses pères. Pour beaucoup de contemporains de Jérémie, tout ce qui se passait n'était que de la politique, dans laquelle Dieu devait, leur semblait-il, intervenir du côté des « siens » ; pour le prophète, c'était l'accomplissement du dessein de Dieu pour son peuple, qui devait se réaliser pour que celui-ci puisse espérer un avenir. Il tente de transmettre ses révélations à ses compatriotes. Mais, comme cela arrive souvent, ils préfèrent écouter ceux qui leur disent ce qu'ils souhaitent entendre.