RÉFLEXIONS pour Jon 3:4-5
Il arrive que dans la vie des individus et des peuples entiers il se passe quelque chose qu’on dit que cela ne peut pas être parce qu’elle ne peut jamais être. La confession massive des habitants de Ninive peut être attribuée à de tels événements. C’est notamment pourquoi le prophète ne voulait pas partir là-bas, il était absolument certain : prêcher à Ninive, appeler ses habitants à la confession est une chose notoirement absurde. Mais Dieu l'a envoyé tout de même notamment là-bas. Pourquoi? Les biblistes discutent jusqu'à présent, si l'histoire racontée par l'auteur du Livre de Jonas, est réelle ou inventée, mais, quoi qu'il en soit, une chose est évidente: nous avons devant nous une parabole, et peu importe ce qui est à sa base : un fait historique ou une invention d'art.
C'est la parabole d’un prophète, qui a obtenu un succès inattendu là, où on ne pouvait pas attendre le succès, et ne comprenant pas que son succès était vraiment un succès, et non l'échec, comme il lui semblait après la conversion des Ninivites. Peut-être le prophète les comparait à son propre peuple: car les Juifs ne prenaient pas toujours au sérieux les mots des prophètes. Et ici, Jonas a pensé, probablement, que les ninivites, les païens, et encore vivant dans le pays, qui était pour ses contemporains et compatriotes le symbole de tout ce qu’il y avait de pire dans le monde, le symbole de l’impiété et de rébellion contre les dieux.
Est-ce que de tels gens pourront entendre l'appel de Dieu à la conversion et au repentir? Et voici se produit notamment ce que le prophète considérait improbable: son témoignage est entendu, la ville se repent. Comment cela pouvait arriver ? La réponse semble paradoxale, mais c’est notamment la mesure de l’état de péché des habitants de la ville qui pouvait les incliner à la repentance. Les compatriotes du prophète (si ce n’est pas tous, plusieurs) ne se considéraient d'habitude pas du tout comme des pécheurs; ils ont bien sûr péché et connaissaient cela, mais péchaient «comme tous» et vivaient aussi «comme tout le monde».
Le sentiment «nous ne sommes pas pires que les autres», «nous sommes comme tout le monde» est familier à tout un chacun, mais ce n’est pas chacun qui réfléchit, quel frein il peut devenir sur le chemin spirituel, ne laissant pas celui qui réfléchit voir ses actes tels qu’ils sont, du point de vue des commandements de Dieu et du chemin de la justice. Chez les religieux Juifs ce sentiment était beaucoup plus fort que chez les non-religieux ninivites. C'est pourquoi il était plus facile pour eux de se repentir: ils ne se nourrissaient pas d’illusions sur leur propre compte. Et ils [les ninivites] ont dépassé sur le chemin de la repentance les compatriotes du prophète, qui trouvaient que, ne considérant pas quelques bagatelles, tout est en ordre dans leur vie spirituelle.
