RÉFLEXIONS pour Jb 26:1-14 — le 30 août 2024

RÉFLEXIONS pour Jb 26:1-14

Job qualifie les discours de ses amis, qui n'expliquent rien et ne consolent personne, de paroles pour le plaisir de parler. « À qui avez-vous dit cela ? », demande-t-il. Il faut remarquer que, pour Job et ses amis, la grandeur de Celui qui est constitue un axiome, et que chacun d'eux peut la chanter sans fin. C'est là une différence radicale entre la culture spirituelle biblique et la nôtre : pour nous, même l'existence de Dieu n'est parfois pas évidente.

Mais Job, qui connaît la grandeur de Dieu, affirme néanmoins que tout le savoir humain n'est qu'une fraction microscopique de la vérité. « Comme nous avons peu entendu parler de lui » : dans cette partie de son discours, Job insiste à nouveau sur le fait que l'inaccessibilité de Dieu fait de la vie un tourment insupportable. Pour Job, le don d'éternité dont parle l'Ecclésiaste se caractérise par le besoin profond de l'homme d'entrer en contact avec le Créateur. C'est là seulement que résident le sens de la vie et la nourriture du cœur, selon l'expression du même Ecclésiaste.

Un autre détail retient l'attention, sans rapport avec ce que l'auteur du livre voulait dire. Parlant de la grandeur du Créateur, il proclame que Dieu a « suspendu la terre sur le néant », une expression que les poètes de l'Église orientale reprendront dans les textes liturgiques. La représentation que l'auteur se fait de la structure de l'univers est donc bien plus proche des conceptions modernes qu'on ne le pense généralement.