RÉFLEXIONS pour Mt 25:1-13
La parabole des dix vierges racontée par le Sauveur a un sens eschatologique tout à fait évident. Il s'agit clairement de la venue, ou plus précisément du retour, du Messie, et l'accueillir ressemble à l'accueil d'un époux : car l'image du Royaume comme festin nuptial était déjà traditionnelle à cette époque. Il reste seulement à comprendre ce que représentent l'huile et les lampes. Jésus lui-même dit que, pour l'homme et son monde intérieur, la lampe est l'œil, sa propre vue. Il ne s'agit pas seulement de la vue physique, mais aussi de la vision spirituelle, celle qui rend notamment possible la communion avec Dieu. L'huile, quant à elle, donne à l'homme la possibilité de voir : elle nourrit sa vision spirituelle.
Une lampe éteinte signifie que l'homme est spirituellement épuisé, qu'il n'est plus capable de faire l'effort intérieur qui lui permet de voir. Bien sûr, une parabole reste une parabole : elle comporte non seulement des symboles, mais aussi des allégories. Aller chercher de l'huile au moment le plus inopportun, alors qu'il faudrait être chez soi et attendre avec attention, constitue précisément une telle allégorie. Il s'agit du manque de préparation de l'homme au moment du retour du Sauveur, d'une impréparation spirituelle liée au fait qu'il n'a pas, en temps voulu, pensé à sa vie spirituelle ni veillé à être assez fort spirituellement pour la rencontre à venir.
Il semblerait que l'homme ne possède aucune force en propre : toutes nos forces viennent de Dieu, et c'est bien ainsi que Dieu l'a voulu dès l'origine. Pourtant, c'est toujours l'homme lui-même qui répond devant Dieu de son état spirituel. Dieu nous donne toutes les possibilités de vivre spirituellement, de construire cette vie et de la remplir ; mais il nous revient de les réaliser nous-mêmes, même si c'est avec son aide. Si nous ne faisons rien du tout, les possibilités qu'il nous a données resteront inexploitées. Certains pourront dire : eh bien, soit ; lorsque le Christ reviendra dans la gloire, il fera tout ce qui est nécessaire, quel que soit notre état.
L'essentiel est d'être prêt et de désirer le rencontrer. En réalité, la situation est plus complexe : les vierges qui arrivent trop tard perdent tout. Il ne s'agit ni d'une quelconque rigidité des règles du jeu ni de la cruauté de Dieu. Simplement, la rencontre avec le Christ vient couronner un long et difficile cheminement spirituel ; sans celui-ci, elle n'aura pas lieu, même si le Christ est tout proche, comme l'époux de sa parabole, qui est à côté mais qu'il est impossible de rencontrer.
