RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Lc 9:1-2

En envoyant Ses disciples prêcher, Jésus leur donne deux missions: témoigner du Royaume qui s'est approché et guérir les malades. On dirait qu'il y a là deux tâches différentes, mais cela n'en a l'air qu'au premier regard.

Bien sûr, si les guérisons mentionnées dans les évangiles étaient simplement une sorte de médecine surnaturelle, on pourrait dire qu'il s'agit de choses différentes, que le témoignage rendu au Royaume et les guérisons sont vraiment deux tâches différentes. Mais les évangélistes racontent les guérisons accomplies par Jésus comme par Ses disciples précisément comme des manifestations du Royaume. Bien sûr, on peut délivrer un homme de la maladie par des moyens purement naturels. Ici, il importe peu qu'il s'agisse de médecine ordinaire ou de ce qu'on appelle médecine non traditionnelle: même dans le second cas, en réalité, aucun miracle au sens strict ne se produit; on met simplement en œuvre certains mécanismes profondément cachés dans la nature humaine et habituellement, du moins dans l'état déchu, non utilisés.

Le vrai miracle commence là où agit Dieu, et non les possibilités cachées dans la nature humaine. Mais l'action de Dieu peut être différente, et ici beaucoup dépend de la mesure dans laquelle l'homme est engagé dans Son action et de la plénitude avec laquelle il prend conscience du plan de Dieu à son égard. Il arrive souvent que Dieu guérisse un homme et que celui-ci tombe ensuite de nouveau malade, souvent de la même maladie. Une telle situation est habituellement liée au fait qu'en recevant la guérison comme un cadeau de Dieu, le guéri ne la comprend pas comme une avance spirituelle pour résoudre ses problèmes spirituels et accomplir les tâches spirituelles qui se présentent à lui.

Mais lorsqu'il s'agit du témoignage rendu au Royaume, tout est un peu différent. Ce n'est pas un hasard si certains, auprès de Jésus, sont guéris et d'autres non; ici Il manifeste la puissance du Royaume, là, à cause de l'incrédulité et du refus des habitants, Il ne le fait pas. Ici, la guérison, la délivrance des maladies, devient la conséquence du fait que l'homme entre dans le Royaume, commence à vivre de sa vie, et les maladies comme la mort sont incompatibles avec la vie du Royaume. Mais pour en être délivré, il faut accueillir la vie du Royaume dans toute la plénitude possible pour telle personne et vivre d'elle seule.

Bien sûr, personne ne peut garantir à l'homme qui a une fois touché le Royaume que tout se passera exactement ainsi pour lui. Mais en tout cas, la guérison au contact du Royaume ouvre à l'homme cette plénitude de vie qu'il pourra acquérir et dont il pourra vivre s'il demeure persévérant et cohérent. Une telle expérience était le meilleur témoignage rendu au Royaume; c'est pourquoi Jésus confie à Ses disciples de témoigner du Royaume précisément par les guérisons, sous la forme la plus évidente pour les habitants du monde déchu.