RÉFLEXIONS pour Qo 10:1-20
Tout le chapitre 10 du livre de l'Ecclésiaste est consacré à une réflexion sur ce qu'est la sagesse et combien elle vaut mieux que la folie. La pensée principale de l'Ecclésiaste s'exprime dans le premier verset du chapitre : « Les mouches mortes gâtent… l'huile du parfumeur. » La sagesse, comme la vie elle-même, apparaît à l'Ecclésiaste comme une chose très fragile. Il en parle dans le dernier verset du chapitre 9 : « La sagesse vaut mieux que les armes de guerre, mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien. » Au chapitre 10, l'Ecclésiaste compare la sagesse au bien et à la vie, et la folie au mal et à la mort. Il est facile de gâter la sagesse par une petite dose de folie, mais très difficile de surmonter les conséquences de la folie. De même, il est facile de détruire la vie par une petite dose de mal, tandis qu'il est impossible de vaincre la mort.
Parmi les conseils de l'Ecclésiaste se distinguent ses paroles sur la douceur, qu'il considère elle aussi comme une manifestation de la sagesse. « La douceur couvre même les grandes fautes », dit ici, assez maladroitement, la traduction synodale russe. La traduction moderne propose cette interprétation : « À celui qui se maîtrise, on pardonnera beaucoup. » Les traductions anciennes, en revanche — la Septante, ainsi que la Vulgate et la traduction slavonne, qui la suivent ici — disent : « Car la guérison (curatio) apaisera de grands péchés. » Il s'agit de la douceur comme qualité de la santé spirituelle ; c'est pourquoi, dans la bouche de l'Ecclésiaste, cette notion est synonyme de sagesse et de vie. Nous voyons donc ici une anticipation, dans l'Ancien Testament, des paroles du Christ : « Heureux les doux… »
