RÉFLEXIONS pour Qo 2:1-26 — le 23 juillet 2024

RÉFLEXIONS pour Qo 2:1-26

Dans les derniers versets du premier chapitre et dans le deuxième chapitre, l'Ecclésiaste parle de la sagesse et des plaisirs de la vie qu'il a éprouvés au cours de son existence. Il juge tout cela vain ; son cœur se réjouissait de ses travaux, mais, à ses yeux, le fruit de ces plaisirs est insignifiant : « Puis j'ai considéré toutes les œuvres que mes mains avaient faites et le travail que j'avais accompli pour les réaliser : et voici, tout est vanité et tourment de l'esprit, et il n'y a aucun profit à en tirer sous le soleil ! »

Plus loin, il dira que la mort — cette grande égalisatrice — efface la différence entre la pauvreté et la richesse, les plaisirs et la souffrance, car l'être humain n'emportera rien de tout cela dans la tombe. Peut-être la génération suivante, qui héritera de lui, donnera-t-elle un sens à ses travaux ? Non, dit l'Ecclésiaste : un héritier insensé ne fera que dissiper ce pour quoi cet homme a peiné tous les jours de sa vie. L'avenir échappe au pouvoir du mortel ; ses travaux sont donc, eux aussi, une poursuite du vent. Se contenter du nécessaire et recevoir de quoi vivre au quotidien : voilà ce qui pourrait consoler l'être humain ; mais cela est dans la main de Dieu et ne dépend pas directement des efforts humains.

Ces réflexions de l'Ecclésiaste font écho à la parabole du riche insensé racontée par le Seigneur Jésus-Christ (Lc 12:13–21). Le Seigneur y dit : « Mais Dieu lui dit : Insensé ! Cette nuit même, ton âme te sera redemandée ; à qui donc reviendra ce que tu as préparé ? » Immédiatement après cette parabole, l'évangéliste Luc rapporte les paroles du Christ sur les lis des champs : « Je vous dis que même Salomon, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux. » La mention de Salomon suggère un lien non seulement de contenu, mais peut-être aussi de filiation entre la parabole du Christ et les réflexions de l'Ecclésiaste. Et c'est ici que le Seigneur donne Sa propre réponse à la déception éprouvée par l'Ecclésiaste sur le chemin de la sagesse, de la richesse et des plaisirs : « Cherchez plutôt le Royaume de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. » Mais cette réponse est celle du Christ Lui-même ; elle demeure inaccessible à l'Ecclésiaste. On peut dire que les paroles de ce dernier tracent une limite entre l'expérience humaine de l'Ancien Testament et la Révélation du Nouveau Testament.