RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Pr 6:1-35

Le conseil de ne pas se porter garant pour son prochain paraît étrange. Faut-il vraiment abandonner à son sort celui qui a besoin d’une caution, en ne se souciant que de ses propres intérêts ? Car, selon les paroles de Jésus fils de Sirach, « Un homme bon se porte garant pour son prochain, mais celui qui a perdu toute honte l’abandonne » (Si 29,17).

Il semble qu’il ne soit pas question ici d’une attitude indifférente envers celui qui est dans le besoin, mais de la nécessité de ne pas être naïf au point de laisser des escrocs abuser de notre confiance. Une telle confiance rend une personne dépendante de celui auquel elle s’est fiée. Or, on ne peut dépendre que de Dieu.

Celui qui se porte garant court souvent le risque d’être déçu par la personne pour laquelle il s’est engagé et consent donc à un sacrifice. Mais ce sacrifice ne doit être ni irréfléchi ni téméraire. Celui qui ne veut pas se libérer de liens qui l’asservissent est appelé paresseux ; il lui est conseillé de prendre exemple sur la fourmi, qui travaille sans contrainte. Les entomologistes contesteront peut-être l’exactitude de cette comparaison, mais il importe davantage de comprendre le sens de la métaphore : un appel au travail libre et volontaire. Ainsi, dès l’Antiquité, les sages comprenaient que la liberté d’agir est supérieure à la liberté de ne rien faire.