RÉFLEXIONS pour Rm 1:14
Il est intéressant, qu’est-ce que veut dire l'apôtre, en s'appelant débiteur des Grecs et des barbares, des savants et des ignorants? Il est tout à fait évident que l'antithèse «Grecs – barbares» est analogue à l'antithèse «savants – ignorants»: car au temps de Paul les Grecs étaient des gens, comme nous dirions aujourd'hui, civilisés, et donc comme était supposé éduqués, et barbares étaient nommés les habitants peu initiés à la civilisation des périphéries de l'Empire romain.
Paul, selon ses mots, se considère débiteur des uns comme des autres. Dans quel sens il dit donc cela? Probablement, s'il s'agissait du prédicateur de la nouvelle religion, nous aurions eu le droit d’interpréter les mots de l'apôtre comme un reflet et l'expression du sentiment de devoir du prédicateur, qui se considère obliger à porter la vérité de la nouvelle religion, de la nouvelle révélation jusqu'à chacun, malgré la position sociale et le niveau d’éducation. Mais en effet, Paul n’a jamais regardé le christianisme comme une nouvelle religion : Pour lui c’était une nouvelle révélation, la révélation du Royaume, et d’une vie nouvelle, la vie de ce Royaume révélé par Jésus-Christ.
L'apôtre lui-même n’a pas prêché une nouvelle religion, mais а témoigné du Royaume et de Celui, qui l'a apporté au monde. Mais en effet, on peut témoigner de cela seulement autant qu’on vit sa [du royaume] vie, la vie qu'on ne peut recevoir que comme un don immérité et une avance spirituelle: le don immérité parce qu’ on ne peut entrer dans le Royaume par mérite et de droit que sans avoir péché, et une avance spirituelle parce qu’ayant reçu la vie du Royaume immérité et, selon les mots de l'apôtre, «pas par mesure», il faut aussi la donner aux autres «pas par mesure». Le christianisme n’est pas une doctrine, dont il faut apprendre et auquel devraient joindre ceux, à qui il ne s'est pas encore ouvert, mais une vie nouvelle, qu'on ne peut que partager avec le prochain et dont il faut absolument partager.
Et si on ne fait pas cela, le Royaume non seulement ne s'élargira pas, il diminuera encore en dimensions, car il ne peut pas rester immobile, il peut soit s'élargir, en prenant toutes les nouvelles âmes et coeurs, soit se rétrécir, diminuer, devenir de moins en moins remarqué dans le monde, où il reste dans tous les cas étranger. Et Paul comprend parfaitement que, s'étant rencontré une fois avec Christ, ayant une fois joint la vie du Royaume, il doit maintenant être le témoin de Celui, avec qui il s'est rencontré, et ce dont il a touché. Non pas parce qu'autrement l'attend une punition, qui attend dans le monde non transformé chaque débiteur, refusant de payer sa dette, mais parce qu'autrement il perdra ce qu'il a reçu. Et donc, se perdra soi-même.
