RÉFLEXIONS pour Jn 21:15-25 — le 13 juillet 2024

RÉFLEXIONS pour Jn 21:15-25

Le Christ demande trois fois à Pierre s'il L'aime, en l'appelant par son ancien nom, sans doute parce que, peu auparavant, Pierre n'avait pas fait preuve d'une fermeté de roc. Pourtant, c'est précisément à lui, qui a trébuché, que le Christ confie le soin de paître Ses brebis et Ses agneaux. Trois fois Pierre L'a renié, mais trois fois aussi il rétablit son lien étroit avec le Christ en Lui déclarant son amour ; ce lien deviendra désormais encore plus fort. Ce n'est pas l'orgueilleuse exaltation de soi, mais le souvenir de ses propres faiblesses et de ses chutes qui fortifiera Pierre et le mettra en garde tant contre la présomption que contre une sévérité excessive envers son troupeau. On ne peut être un bon pasteur en faisant paître sans amour, à l'aide de seules mesures impitoyables de contrainte.

Le Christ entrouvre à Pierre ce qui l'attend. La question de Pierre au sujet du disciple bien-aimé du Christ, « Et lui ? », laisse entendre que Pierre se préoccupe aussi du destin de ceux qui sont à ses côtés. Mais le Christ ne parle à Pierre que de son propre chemin et de son ministère : le chemin d'un autre ne doit pas le détourner du sien.

Il est parfois trop tentant de tirer des conclusions hâtives sur le sort du prochain, comme ceux qui, à partir de fragments arbitrairement interprétés du dialogue entre le Christ et Pierre, se sont mis à spéculer sur l'immortalité terrestre du disciple bien-aimé ! Mais le Seigneur nous invite à la lucidité et à ne pas remplacer les véritables profondeurs de la vie spirituelle par des conjectures de notre cru. Pour cela, mieux vaut regarder le Christ que regarder autour de nous, en commentant les problèmes d'autrui plus que nous n'accomplissons notre propre vocation.