RÉFLEXIONS pour Lc 2:48 — le 2 juillet 2024

RÉFLEXIONS pour Lc 2:48

L'apparition de Jésus adolescent parmi les maîtres de la Torah et les rabbins savants fit sensation. Il était tout jeune et, à l'évidence, n'avait encore pu recevoir aucune formation nulle part, mais il discutait d'égal à égal avec les connaisseurs de la Torah connus à Jérusalem. Les proches de Jésus, avec lesquels Il était venu en ville pour la fête, étaient quant à eux très troublés et inquiets de Sa disparition.

Il n'y avait là rien d'étrange: Jérusalem, contrairement à Nazareth, calme et provinciale, était la capitale de la Judée, une grande ville où un adolescent venu de province pouvait facilement se perdre. De plus, le Temple était à Jérusalem un lieu particulier, avec des règles de conduite particulières que, pensaient les proches de Jésus, l'enfant pouvait ne pas connaître. En outre, Il était allé là où, à Son âge, selon les critères traditionnels, Il n'aurait pas dû aller.

Bien sûr, l'éducation religieuse chez les Juifs a toujours été assez ouverte; elle ne supposait aucune caste, et même chez les rabbins les plus connus apparaissaient parfois comme disciples des gens pauvres, sans origine aristocratique. Mais une certaine hiérarchie existait aussi ici: pour devenir disciple d'un maître de la Torah renommé de Jérusalem, il fallait avoir reçu l'éducation primaire et secondaire correspondante dans une école religieuse juive locale, une yeshiva.

Il y avait sans doute de telles yeshivas à Nazareth aussi, comme il y en avait partout où existaient des communautés juives et, par conséquent, des synagogues. Il est difficile de dire si Jésus a étudié dans une yeshiva: aucun évangile ne mentionne quoi que ce soit de semblable. Mais lors de cette visite à Jérusalem, Il était en tout cas encore trop jeune pour prétendre devenir disciple de l'un des maîtres de la Torah connus de Jérusalem. Et pourtant, Il ne se contentait pas de les écouter: Il leur posait des questions, des questions qui poussaient les connaisseurs de la Torah à s'étonner et à se demander entre eux auprès duquel d'entre eux, ou de quels autres maîtres, cet adolescent qui posait de telles questions avait étudié.

Tout cela ne pouvait qu'inquiéter les proches de Jésus. Bien sûr, participer aux discussions de maîtres réputés n'était pas en soi une violation de la loi et n'était puni d'aucune manière, mais un tel comportement pouvait très bien être jugé comme l'insolence inadmissible d'un parvenu prétendant à ce à quoi, aux yeux de tous, il n'avait aucun droit. Il va de soi que les proches de Jésus ne voulaient pas du tout pour Lui une telle réputation. Tout cela, pris ensemble, leur fit vivre quelques heures d'inquiétude qui se terminèrent cependant heureusement pour tous.