RÉFLEXIONS pour Ieremiae 6:1-30 — le 28 juin 2024

RÉFLEXIONS pour Jr 6:1-30

La lecture d'aujourd'hui éclaire quelque peu ce qu'est la colère de Dieu. Il faut remarquer que beaucoup parlent de la colère divine comme de quelque chose d'absolument impossible pour le Dieu d'amour dont parle la Bible. À première vue, cette position semble irréprochable : la colère et l'amour sont effectivement incompatibles. Mais il importe de garder à l'esprit que la Bible parle de l'amour non comme d'un sentiment, mais comme d'une relation, et d'une relation réciproque. Or l'amour sans réciprocité, même lorsqu'il s'agit de relations humaines, se transforme souvent, comme on le sait, en son contraire.

Bien sûr, Dieu n'est pas un homme, et Il ne voudra de mal ni à une personne ni à un peuple entier. Mais que se passe-t-il si ceux auxquels Dieu S'adresse refusent obstinément de L'entendre ? C'est précisément cette situation que décrit le passage d'aujourd'hui (v. 10), et la fureur qui emplit Dieu en est la conséquence (v. 11). À première vue, on pourrait croire que la catastrophe qui menace déjà le peuple et le pays (v. 18–23) résulte de cette fureur. Pourtant, toutes les catastrophes qui surviennent dans le monde tiennent avant tout au fait que Dieu Se retire, laissant les événements suivre leur cours et les personnes, voire des peuples entiers, seuls face aux conséquences de leurs propres péchés.

C'est précisément en ce sens que les prophètes parlent du châtiment de Dieu : il est inévitable si la relation avec Dieu est rompue et, d'autre part, il se révèle souvent la seule possibilité, pour une personne — et parfois pour un peuple entier — de reprendre spirituellement ses esprits et de se tourner à nouveau vers Dieu. Mais une question se pose alors : peut-on considérer un tel châtiment comme une conséquence de la colère divine ? Bien sûr, il n'est pas difficile, en principe, de concevoir le fait de laisser quelqu'un seul comme une sorte de châtiment, surtout si c'est Dieu Lui-même qui le laisse seul.

Mais le passage d'aujourd'hui parle d'une manifestation de la colère divine précisément à travers la catastrophe qui frappe Israël. Il ne s'agit plus ici simplement d'une rupture de la relation ou du fait que Dieu Se soit détourné. Le prophète voit la catastrophe comme une manifestation de la puissance de Dieu. Et c'est peut-être là que se cache la réponse à la question de savoir ce qu'est la colère divine. Peut-être est-elle justement une manifestation de la puissance de Dieu qui ne s'accompagne pas d'une manifestation de Son amour. Car la puissance est quelque chose de tout à fait objectif, qui ne dépend pas des relations ; la puissance de Dieu se manifestera donc dans tous les cas. Il en va autrement de l'amour : ici, tout dépend justement des relations, et, sans relation avec Dieu, on peut ne pas remarquer Son amour, simplement parce qu'on n'y prête pas attention. Mais Sa puissance ne peut passer inaperçue : elle agit toujours dans le monde, et il est impossible de se soustraire à son action. On peut seulement choisir si la rencontre avec cette puissance sera aussi une rencontre avec l'amour de Dieu. Et ici, le choix ne dépend plus que de la personne elle-même.