RÉFLEXIONS pour Is 11:1-16 — le 21 juin 2024

RÉFLEXIONS pour Is 11:1-16

La lecture d'aujourd'hui nous propose l'une des prophéties messianiques les plus connues d'Isaïe. Nous avons devant nous un hymne messianique qui décrit non seulement le Messie Lui-même, mais aussi certains traits du Royaume messianique. Bien sûr, Isaïe voit encore ici le Messie sous les traits d'un roi terrestre, descendant de David (« fils de Jessé », v. 1), mais le prophète dit aussitôt de ce roi qu'il sera guidé par Dieu et que l'esprit de Dieu reposera sur lui (v. 2–3).

La tâche principale du Messie, telle qu'elle se révèle à Isaïe, devient la transformation complète de toute la vie du peuple de Dieu : Il devra établir dans le pays des lois justes, conformes à la Torah, et, en tant que souverain, devenir un juge équitable pour Ses sujets (v. 3–5). Mais les choses ne s'arrêtent pas là. Car aucun souverain ni aucun juge, même guidé par Dieu, ne peut modifier les lois de la nature. Or elles changent ici de telle sorte que des animaux qui, habituellement, ne peuvent se tenir tranquillement les uns auprès des autres deviennent capables de coexister paisiblement (v. 5–7). L'hostilité de certains représentants du monde animal envers l'être humain semble elle aussi disparaître (v. 8). Cela serait sans doute possible dans un monde que la chute n'aurait pas encore corrompu. C'est apparemment ce qu'Isaïe veut dire : la venue du Messie devient pour lui un retour aux origines, aux jours où le monde ne connaissait pas encore le péché.

Bien sûr, le Royaume dont témoigne Jésus n'est pas le jardin d'Éden : Il ne parle pas du retour du monde à l'état qui était le sien avant la chute, mais de sa transfiguration, de quelque chose que ce monde n'a encore jamais connu. Pourtant, le monde transfiguré et celui dont parle Isaïe ont quelque chose en commun : ni l'un ni l'autre ne connaissent le mal ni le péché. C'est apparemment ce point qui était le plus important pour Isaïe : il savait qu'avant la manifestation du Messie, le monde devrait traverser le Jugement, et que l'on ne peut le traverser qu'en étant entièrement libéré et purifié du péché. Le tableau du monde transfiguré dans toute sa plénitude n'avait pas encore été révélé à Isaïe, mais il avait vu une chose avec une parfaite clarté : aucun péché n'y aurait sa place, et ce monde serait donc également libre du mal.

C'est sans doute pourquoi il voit précisément le Messie comme un souverain et un juge justes. Nous avons ici davantage un symbole qu'une image du Messie-Christ réel, mais ce symbole est chargé d'un sens profond : le Messie est pour Isaïe l'incarnation de la justice de Dieu, et sur ce point, le prophète avait indubitablement entièrement raison. C'est ainsi que le Messie Se révéla à Isaïe de Jérusalem ; Il Se révélera autrement à d'autres prophètes, et Son image se précisera peu à peu, se rapprochant toujours davantage de celle de l'Évangile.