RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 2Co 1:13-15

À en juger par le premier chapitre de la lettre de Paul, ses précédentes visites à l’Église de Corinthe ne furent pas du tout sans difficulté. Il ne nous reste qu’à deviner ce qu’il entend par les «tristesses» causées aux chrétiens de Corinthe lors de sa visite précédente. Une chose est claire: la conversation fut sérieuse et, très probablement, peu agréable.

Paul s’empresse néanmoins d’assurer aux frères de Corinthe que cela n’annule ni ne détruit en rien cette unité spirituelle qui les unit tous comme membres de l’unique Église du Christ. Il ne s’agit bien sûr pas d’une unité extérieure et formelle, mais d’une unité essentielle. L’apôtre l’exprime ainsi: au jour du Seigneur, c’est ainsi que les premiers chrétiens appelaient le jour du retour du Sauveur, nous, dit l’apôtre en son nom et au nom de ses compagnons, nous nous glorifierons devant Dieu de vous, et vous de nous.

Et il ne s’agit pas seulement du fait que Paul aurait réussi à faire des Corinthiens de bons chrétiens, qu’il pourrait présenter au Christ au jour de Son retour comme preuve de la réussite incontestable de son ministère terrestre. Il s’agit du fait que l’on ne peut se glorifier, au sens où l’apôtre emploie ce mot, que de ceux avec qui l’on demeure dans la plénitude de la communion. Dans l’unité spirituelle.

Et qu’en est-il de toutes les paroles, apparemment dures et peu agréables, que Paul a dites auparavant aux chrétiens de Corinthe? Manifestement, elles n’ont pas détruit l’unité mentionnée. Car il ne s’agit pas seulement des paroles; il s’agit aussi de la manière dont elles sont dites: avec amour ou avec haine. Avec le désir d’aider ou avec le désir de repousser, de s’affirmer, de triompher d’un adversaire terrassé.

Il s’agit de l’intention qui se tient derrière les paroles, intention positive ou négative, constructive ou destructrice. Et si les paroles sont dites avec amour, elles ne détruisent pas les relations et ne rompent pas l’unité spirituelle, bien qu’elles puissent causer non seulement de l’inconfort, mais aussi de la douleur. Sans amour, aucune parole, même la plus agréable, ne crée rien et n’établit aucune relation. Cela signifie que, pour le Royaume, elles sont inutiles: elles n’y parviennent tout simplement pas. Car le Royaume est le milieu de l’amour, et tout ce qui n’a pas de rapport avec l’amour demeure donc hors du Royaume. Avec toutes les conséquences qui en découlent.