RÉFLEXIONS pour Jn 14:1-11
Au cours de la Cène, Jésus s'efforce, pour la dernière fois durant Son ministère terrestre et de la manière la plus détaillée possible, d'expliquer aux disciples ce qu'est ce Royaume qu'Il a apporté au monde. Et ils ont du mal à Le comprendre : même après la Résurrection, leurs idées sur le Royaume restaient pratiquement les mêmes que celles de leurs contemporains. Il leur dit qu'il y aura de la place pour tous dans la maison du Père, tandis qu'ils imaginent probablement un palais grandiose dans un royaume terrestre, peut-être même apparu miraculeusement là où il n'y avait rien, où il y aura vraiment de la place pour tous les disciples de leur Maître, et, bien sûr, pour eux aussi. Il leur dit : vous savez où Je vais, voulant dire qu'ils ont déjà vu et savent ce qu'est le Royaume, puisqu'ils ont passé plus d'une journée avec Lui et qu'Il leur a parlé plus d'une fois de la mort qui L'attend, comme de la résurrection qui suivra. Mais ils ont sans doute encore l'impression qu'Il s'apprête à partir, à se cacher pour préparer en secret cette dernière guerre messianique qui, ils en étaient sûrs, allait éclater d'un instant à l'autre, et à laquelle ils devraient eux-mêmes prendre une part tout à fait directe et immédiate. Et puis ils souhaitent enfin voir Dieu face à face. Car ensuite, après la victoire, le nouveau Royaume fondé par leur Maître sera sans aucun doute le Royaume de Dieu Lui-même, et eux, Ses disciples les plus proches, verront enfin Dieu, qu'Il appelle Son Père, d'aussi près qu'Il Le voit Lui-même. Ah, s'ils pouvaient voir Son Père dès maintenant, avant la dernière guerre, la plus dure, et avant la victoire ! Il n'y aurait rien de plus à désirer ; alors même mourir ne ferait plus peur, car après une telle rencontre il ne resterait aucun doute sur leur propre résurrection. Mais Il parle encore par énigmes ; Il dit : qui M'a vu a vu le Père. Et de nouveau, la perplexité : Qui est-Il donc, en définitive ? Où est Son Royaume ? Et comment se réalisera tout ce dont Il parle ? La Cène est pleine d'énigmes et d'incompréhensions. Rien d'étonnant : les disciples de Jésus n'ont pas encore compris l'essentiel. Et les évangélistes ont eu assez de franchise pour décrire la situation telle qu'elle était alors, sans rien embellir. Afin que nous aussi, en lisant ces lignes, nous comprenions : on ne naît pas apôtre, on le devient. Et on ne le devient pas d'un seul coup. Et seulement par la grâce.
