RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour 2Co 5:11-21

Les transformations du monde survenues au cours de la dernière décennie, que nous appelons le plus souvent mondialisation, donnent une acuité particulière aux paroles de l’apôtre Paul, dans la lecture apostolique d’aujourd’hui, sur le ministère de la réconciliation. On peut certes porter des regards différents sur la mondialisation comme phénomène culturel ou économique. Certains la rejettent catégoriquement et l’expriment de diverses manières, le plus souvent par des actes de violence. Mais, par certains aspects, notre époque ressemble au premier siècle de notre ère, lorsque presque tout le monde quelque peu civilisé était uni par l’Empire romain. Cela servit admirablement la prédication des apôtres, car ils pouvaient voyager sans restrictions particulières et parler partout dans l’Empire en koinè, l’anglais de l’Antiquité.

Aujourd’hui, l’étroite interdépendance des parties du monde autrefois séparées répond enfin à l’appel à la réconciliation lancé il y a deux mille ans. Le monde où nous vivons est tel que toute hostilité le détruit à tous les niveaux. L’homme cesse tout simplement d’être humain s’il n’est pas prêt à participer au ministère de la réconciliation que Dieu nous a confié. Cela vaut à l’échelle de la personne, de la famille et du monde entier. Voilà pourquoi tout séparatisme nourri de xénophobie paraît aujourd’hui si contre nature, et pourquoi la valeur unique de chaque personne apparaît avec tant de clarté. La réconciliation, la fin de l’hostilité et de l’affrontement, fait partie de la grande mission confiée par le Christ ressuscité à Ses disciples. Tant bien que mal, nous essayons de l’accomplir, et cela ne pouvait manquer de marquer le monde dans lequel Il nous a placés.

Nous verrons probablement encore un regain de l’agressivité qui servait de fondement à un monde maintenu par l’équilibre de forces opposées ; nous éprouverons encore une nostalgie irrationnelle de l’ordre imposé par la violence. Mais on ne peut faire revenir en arrière l’œuvre de Dieu. La réconciliation nous apparaîtra de plus en plus clairement comme l’unique voie du salut du monde. Elle est unique parce qu’elle seule est digne du Créateur de ce monde.