RÉFLEXIONS pour Jn 10:22-42 — le 4 juin 2024

RÉFLEXIONS pour Jn 10:22-42

Manifestement, Jésus et les pharisiens qui L'écoutent ne voient pas Dieu de la même manière. Ce n'est pas qu'Il ait une religion différente de la leur. Tout tient à la manière dont les pharisiens envisagent la relation avec Dieu, et à ce qu'elle est pour Jésus. Ce n'est pas par hasard que Jésus appelle Dieu Son Père céleste. Il ne s'agit pas seulement d'affirmer le fait de Sa divino-humanité ; il s'agit avant tout de la conscience que le Sauveur a de Lui-même. Lorsqu'Il dit : « Moi et le Père, nous sommes un », Il parle d'une expérience tout à fait concrète de Sa propre vie. Non de cette vie d'avant tous les siècles, celle du Logos, qui existe comme partie de la vie de Dieu, mais de Sa vie terrestre, humaine. Les deux sont bien sûr liées, mais si la vie du Logos éternel ne se manifestait pas dans Sa vie humaine, cela signifierait que l'unicité de la personne de Jésus resterait pour nous quelque chose d'inaccessible. Or Il vit précisément la vie du Logos comme le fondement de Sa vie humaine, de Son existence quotidienne sur terre. Cette vie n'est donc pas non plus fermée à notre nature humaine.

En Lui et grâce à Lui, bien sûr — mais elle ne lui est pas fermée. Et par les paroles « Moi et le Père, nous sommes un », Jésus exprime l'expérience qu'Il a de cette vie. Déjà à l'ère chrétienne, certains mystiques — et pas seulement chrétiens — ont exprimé de manière semblable leur expérience de communion avec Dieu. Mais pour eux, ce n'étaient que des instants d'élévation spirituelle suprême, qu'ils ne vivaient généralement qu'une seule fois dans leur vie. Et si cela se produisait plus d'une fois, c'était très rarement. Jésus, Lui, est né avec cela et l'a vécu durant toute Sa vie terrestre. Pour Lui, cet état est la norme. C'est Sa forme habituelle de communion avec Dieu. De communion avec le Père céleste.

Bien sûr, Il avait parfois besoin d'être seul avec Lui, et alors Il S'éloignait des gens. Mais même lorsqu'Il était avec eux, la plénitude de Son union avec le Père ne diminuait pas. Et cette plénitude, Il est prêt à nous l'ouvrir à nous aussi. Pourvu que nous L'accueillions comme notre Maître et notre Sauveur. Et comme le Roi du Royaume où nous voulons entrer. Or les pharisiens qui L'écoutent semblent ne rien admettre de semblable pour un être humain. Pour eux, l'idée même d'une telle possibilité est déjà un blasphème. Ce n'est pas que les pharisiens aient une mauvaise religion. C'est qu'ici se manifeste quelque chose qui n'entre dans aucun cadre religieux.

La religion peut admettre la possibilité d'un certain canal de communication entre Dieu et l'être humain, mais elle n'admet pas, par principe, une union complète. C'est pourquoi le christianisme s'est révélé être non une nouvelle religion, mais une nouvelle vie. Toutes les religions chrétiennes sont venues ensuite : elles sont déjà un pas en arrière par rapport au Christ et à ce qu'Il a apporté au monde. Ou bien, pour beaucoup de ceux qui se disent chrétiens, simplement un chemin qui n'a pas été parcouru jusqu'au bout. Tout comme il ne l'a pas été par les pharisiens, qui d'ailleurs n'avaient pas l'intention de l'emprunter. Pour eux, le Sauveur est resté un fou prétendant à l'impossible. Et ils sont restés hors du Royaume. Dans les limites du raisonnable et du possible.