RÉFLEXIONS pour Jn 8:31-47 — le 29 mai 2024

RÉFLEXIONS pour Jn 8:31-47

Le Christ s'adresse à ceux qui ont cru, mais même eux ont du mal à assimiler ce qu'ils ont entendu. Humainement, on pourrait même comprendre leur refus de se reconnaître esclaves, sauf que les enfants d'Abraham ont longtemps été esclaves en Égypte, et que chaque année le peuple tout entier célébrait le souvenir de sa libération. De quoi se souvenaient donc ceux qui participaient au rite de la fête, si le refus orgueilleux de se reconnaître descendants d'anciens esclaves jaillissait si facilement dans leur cœur ? Or, si le souvenir de l'esclavage passé est refoulé, la reconnaissance envers Celui qui les en a délivrés disparaît elle aussi.

Mais le Christ va plus loin et désigne l'esclavage principal : l'asservissement au péché, qui est effectivement plus puissant que l'esclavage social. Depuis la vie terrestre du Christ, l'esclavage s'est effondré ou a été ébranlé dans le monde entier, même si ce n'est pas de façon définitive ; l'opinion publique ne le tolère pas. Mais qui pourrait nommer un pays affranchi de l'esclavage du péché, envers lequel on se montre plus que tolérant ?

Le Christ refuse aux descendants d'Abraham le droit de se dire ses enfants s'ils n'agissent pas comme Abraham. Il ne suffit pas d'avoir un lien généalogique ou traditionnel avec des ancêtres illustres qui ont prouvé leur fidélité à Dieu ; il faut aussi Lui témoigner nous-mêmes cette fidélité par nos actes, sinon nous risquons de tomber au pouvoir d'un autre personnage, qui ne cherche à nous adopter que pour nous perdre. Et cela ne concerne pas seulement les Juifs de l'Antiquité, mais aussi nous qui sommes fiers que de grands saints aient été nos compatriotes.