RÉFLEXIONS pour 1Co 14:1-12
Le don de parler en d’autres langues n’est pas répandu dans l’Église contemporaine, même si l’on ne peut pas dire qu’il n’existe pas du tout. Mais les paroles de l’apôtre Paul dans le passage de l’épître aux Corinthiens lu aujourd’hui concernent bien davantage que ce phénomène particulier. Tout groupe de personnes qui se consacre longtemps à une activité finit par élaborer son propre « langage d’oiseaux », un jargon incompréhensible aux non-initiés. On peut prendre pour exemple le langage des savants... ou celui des chrétiens. L’apôtre dit que nous sommes responsables de rendre ce que nous disons compréhensible aux gens « ordinaires », et de rendre la prédication intelligible à ceux que Dieu conduit dans Son Église. De nos jours, on publie une foule d’ouvrages spirituels, mais les livres qui aideraient à grandir dans la foi se comptent sur les doigts d’une main, parce que presque tout est écrit dans ce jargon. Il nous est très difficile de parler de Dieu de manière que l’on comprenne de quoi il s’agit. Et il n’y a là aucune raison d’être fiers...
Les paroles de l’apôtre comportent encore un aspect important. Il rejette l’idée du « spirituel » comme quelque chose de peu intelligible, mais de captivant. La quasi-mystique, les « sons magiques des chants », les paroles et les gestes mystérieux censés agir indépendamment de la conscience ne trouvent pas son approbation. C’est un trait important de l’esprit apostolique qu’il ne faut pas oublier.
