RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Jn 3:16-21

Dans les paroles du Christ que nous lisons aujourd’hui dans l’Évangile de Jean, ce que le langage théologique appelle l’« économie », c’est-à-dire le dessein de Dieu pour notre salut, est formulé avec une clarté saisissante. Il est absolument nécessaire d’écouter attentivement ces paroles, absolument nécessaire d’apprendre à vivre dans notre cœur cette réalité de l’amour du Créateur dont parle le Seigneur. Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique pour le salut de tous ! Le Fils de Dieu est venu non pour juger le monde — car qui résisterait au jugement du Tout-Puissant ? — mais afin que le monde soit sauvé par Lui ! Si nous nous fions à cette révélation, toute notre vie peut se remplir d’une joie merveilleuse que personne ni rien ne pourra nous enlever.

Il y a beaucoup de mal dans le monde ; l’injustice et l’oppression y triomphent. Le monde est rempli de souffrances innocentes, et la mort attend tout homme. Tout cela est vrai, et tout cela serait un motif de pessimisme et de ressentiment envers Dieu s’il n’y avait la volonté de Dieu de sauver le monde, dont parle aujourd’hui le Seigneur. À toutes nos questions — « Où est Dieu quand les hommes souffrent ? », « Pourquoi Dieu tolère-t-Il tout cela ? » et « Comment a-t-Il pu le permettre ? » —, nous recevons une réponse dans ces paroles du Christ. Le monde est rempli du mal et de la souffrance que les hommes y ont introduits, mais Dieu ne se contente pas de refuser ce triomphe du mal : Il nous a aussi donné une issue. La lumière est venue dans ce monde en Christ, et nous y sommes tous appelés. En ces jours pascals où nous célébrons la victoire du Christ sur le péché et la mort, ce passage retentit comme un véritable hymne de victoire.

Aujourd’hui, l’Église célèbre aussi la mémoire d’un homme étonnant, le prophète Jérémie, qui six siècles avant le Christ nous annonça ce dessein de salut. Jérémie vécut une vie pleine de souffrances, d’espérances et de déceptions. Il fut témoin de tentatives de renaissance de la foi et de la chute de Jérusalem ; il proclamait l’appel de Dieu à la foi et au salut, et il fut tué parce que la volonté du Tout-Puissant qu’il annonçait ne coïncidait pas avec les idées de grandeur et de prestige nationaux. Lorsque le Christ demanda à Ses disciples pour qui les hommes Le tenaient, ils ne nommèrent que trois prophètes : « Les uns disent Jean-Baptiste, d’autres Élie, d’autres encore Jérémie » (Mt 16:14). Cela est important, car Jérémie est un prophète rejeté, qui souffre de son amour pour Dieu et pour son peuple et vit douloureusement la rupture tragique entre eux.

En glorifiant l’exploit du prophète, rappelons-nous aujourd’hui la promesse principale que le Seigneur donna par lui vers l’an 600 avant J.-C. et qui s’accomplit en Jésus-Christ : « Voici venir des jours, dit le Seigneur, où Je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle. Elle ne sera pas comme l’alliance que J’ai conclue avec leurs pères le jour où Je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, alliance qu’ils ont rompue, bien que Je sois resté uni à eux, dit le Seigneur. Mais voici l’alliance que Je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours, dit le Seigneur : Je mettrai Ma loi au-dedans d’eux et Je l’écrirai sur leur cœur ; Je serai leur Dieu, et ils seront Mon peuple. Ils ne s’enseigneront plus l’un l’autre, le frère disant à son frère : “Connaissez le Seigneur”, car tous Me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit le Seigneur, parce que Je pardonnerai leurs iniquités et ne Me souviendrai plus de leurs péchés. Ainsi parle le Seigneur, qui a donné le soleil pour éclairer le jour, les lois à la lune et aux étoiles pour éclairer la nuit, qui soulève la mer et fait mugir ses flots ; le Seigneur des armées est Son nom » (Jr 31:31–35).