RÉFLEXIONS pour Jn 3:1-15
Parmi les pharisiens, il y avait aussi des hommes qui cherchaient sincèrement, sinon le Royaume, du moins cette vérité de Dieu qui comptait pour eux davantage que les préjugés traditionnels ayant éloigné tant de leurs coreligionnaires. Nicodème était manifestement de ceux-là. Pourtant, malgré toute sa sincérité, il lui est loin d'être facile de comprendre Jésus, bien que, selon le Sauveur Lui-même, Celui-ci ait dit à son interlocuteur une chose que ce dernier, qui se considérait comme un maître du peuple, ne pouvait ignorer. Il s'agit du renouvellement spirituel, que Jésus définit comme le fait de « naître de l'eau et de l'esprit ». Bien sûr, chacun en Israël savait ce qu'était une ablution purificatrice et à quoi elle servait. Mais l'ablution était traditionnellement liée à la purification d'un péché précis ou, plus exactement, de ses conséquences, car on était purifié du péché lui-même par le repentir et le retour à Dieu. Nicodème ne comprend manifestement pas quel rapport cela a avec le fait de « naître d'en haut ». Pour lui, naître signifie entrer dans le monde comme tout être humain y entre en sortant du sein maternel. Jésus essaie de lui parler d'une autre naissance, de la naissance au Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Une telle naissance exige bien une purification, une dernière purification afin de se débarrasser de tout ce qui est incompatible avec la vie nouvelle. Mais l'essentiel est le souffle de Dieu, qui enveloppe tous ceux qui participent à la vie du Royaume. Sans ce souffle, il n'y aura ni renouvellement de l'homme lui-même, ni participation à la vie nouvelle. Pourtant, tout ce que dit Jésus paraît si étrange et incompréhensible à Nicodème qu'Il finit simplement par changer de sujet en disant : si Je vous ai parlé des choses terrestres et que vous ne croyez pas, comment croirez-vous si Je vous parle des choses célestes ? En effet, avant de connaître quoi que ce soit du « céleste », de la vie du Royaume, il fallait absolument comprendre comment on entre dans ce Royaume. Mais une telle compréhension se révèle pratiquement inaccessible à Nicodème, malgré toute sa religiosité et toutes ses connaissances. Il n'y a sans doute là rien d'étrange : ces connaissances concernaient notre monde, encore non transformé, un monde trop différent du Royaume pour que celui qui n'a aucune expérience de la vie nouvelle puisse en comprendre les lois.
