RÉFLEXIONS pour Mt 19:1-12
La lecture d'aujourd'hui poursuit la série des enseignements de Jésus sur le Royaume. Une question apparemment particulière concernant le divorce a permis à Jésus d'aborder un sujet très important pour la vie spirituelle. La question elle-même (v. 3) était traditionnelle dans les écoles théologiques rabbiniques ; leurs représentants y répondaient différemment, proposant divers critères pour admettre le divorce.
Jésus place immédiatement la barre au plus haut : le divorce est en principe inadmissible ; il n'est possible que lorsque l'un des époux n'a pas gardé la fidélité conjugale, détruisant ainsi, de fait, l'union matrimoniale (v. 9). Tout le reste est une concession à la condition pécheresse et à la « dureté de cœur » des humains (v. 7–8). Remarquons que cette « dureté de cœur » ne désigne pas ici la cruauté, mais la rigidité du cœur, l'obstination et l'intransigeance, le refus d'accepter une personne telle qu'elle est. Comme le laissent entendre les paroles de Jésus, c'est ce qui suscite le désir de divorcer lorsqu'il ne s'agit pas d'infidélité conjugale.
Jésus rappelle que Dieu avait voulu dès l'origine une union conjugale unique et irremplaçable pour chaque couple, de sorte que l'union des deux englobe non seulement le corps et l'âme, mais aussi le « moi » spirituel de la personne, faisant des deux un seul tout. Par définition, une telle union ne peut se défaire ; l'être humain n'a évidemment pas le droit de détruire une unité qu'il n'a pas créée et sur laquelle il n'a pas de pouvoir (v. 4–6).
Mais les disciples de Jésus semblent avoir compris qu'Il parle de relations possibles seulement dans le Royaume, et non dans notre monde, qui n'est pas encore entièrement transfiguré. Ils Lui répondent donc qu'il vaut mieux, dans ce cas, ne pas se lier par le mariage : on ne peut vivre dans notre monde comme on vit dans le Royaume (v. 10) ! Jésus dit alors quelque chose qui nous fait regarder tout autrement notre époque et notre propre vie. Il répond directement que ce qu'Il a dit ne s'adresse pas à tous, mais seulement à ceux qui « peuvent le recevoir » (v. 11). À en juger par le fait qu'il est question du Royaume, on ne peut comprendre correctement Ses paroles que lorsque le Royaume devient pour celui qui écoute une réalité indubitable et évidente (v. 12). Alors seulement une personne peut choisir consciemment la vie familiale ou le célibat. L'un et l'autre sont possibles, mais non selon les lois de ce monde, où les relations conjugales et leur absence sont déterminées exclusivement ou principalement par des causes naturelles et les circonstances ; ils le sont selon les lois du Royaume, où les relations conjugales comme le fait de s'en abstenir sont déterminés par un choix personnel lié au service de Dieu et à la vie dans le Royaume. Alors seulement il ne restera, dans la vie d'une personne, aucune place pour un mariage ni pour un divorce dus au hasard, et les relations conjugales seront telles que Dieu les a voulues.
