RÉFLEXIONS pour Jn 3:14-21
Dans les paroles du Christ que nous lisons aujourd'hui dans l'Évangile de Jean se trouve formulé, avec une clarté saisissante, ce que le langage théologique appelle l'« économie divine », c'est-à-dire le dessein de Dieu pour notre salut. Il est absolument nécessaire d'écouter attentivement ces paroles, absolument nécessaire d'apprendre à vivre dans notre cœur cette réalité de l'amour du Créateur dont parle le Seigneur. Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils unique pour le salut de tous. Le Fils de Dieu n'est pas venu pour juger le monde — qui pourrait tenir devant le jugement du Tout-Puissant ? —, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Si nous faisons confiance à cette révélation, toute notre vie peut se remplir d'une joie merveilleuse que rien ni personne ne pourra nous enlever.
Il y a beaucoup de mal dans le monde ; l'injustice et l'oppression y triomphent. Le monde est plein de souffrances innocentes, et la mort attend chaque être humain. Tout cela est vrai et serait un motif de pessimisme et de ressentiment envers Dieu, s'il n'y avait cette volonté divine de sauver le monde dont le Seigneur parle aujourd'hui. À toutes nos questions — « où est Dieu lorsque les hommes souffrent ? », « pourquoi Dieu supporte-t-Il tout cela ? », « comment a-t-Il pu le permettre ? » —, nous trouvons une réponse dans ces paroles du Christ. Le monde est rempli du mal et de la souffrance que les hommes y ont introduits ; mais Dieu ne Se contente pas de refuser ce triomphe du mal : Il nous a aussi offert une issue. Dans le Christ, la lumière est venue dans ce monde, et nous sommes tous appelés à elle. En ces jours de Pâques où nous célébrons la victoire du Christ sur le péché et la mort, ce passage résonne comme un véritable hymne de victoire.
Aujourd'hui encore, l'Église célèbre la mémoire d'un homme extraordinaire : le prophète Jérémie, qui, six siècles avant le Christ, nous a annoncé ce dessein de salut. Jérémie a vécu une vie pleine de souffrances, d'espérances et de déceptions. Il a été témoin des tentatives de renouveau de la foi et de la chute de Jérusalem ; il a proclamé l'appel de Dieu à la foi et au salut, et a été tué parce que la volonté du Tout-Puissant qu'il annonçait ne correspondait pas aux idées de grandeur et de prestige nationaux. Lorsque le Christ a demandé aux disciples pour qui les gens Le prenaient, ils n'ont nommé que trois prophètes : « les uns pour Jean le Baptiste, les autres pour Élie, d'autres encore pour Jérémie » (Mt 16:14). C'est important, car Jérémie est un prophète rejeté, qui souffre par amour pour Dieu et pour son peuple et éprouve douloureusement la rupture tragique entre eux.
En honorant le combat du prophète, rappelons-nous aujourd'hui la promesse essentielle que le Seigneur a donnée par lui vers l'an 600 avant Jésus Christ et qui s'est accomplie dans le Christ Jésus : « Voici venir des jours, dit le Seigneur, où Je conclurai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non pas comme l'alliance que J'ai conclue avec leurs pères le jour où Je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d'Égypte. Cette alliance qui était la Mienne, ils l'ont rompue, bien que Je sois resté uni à eux par l'alliance, dit le Seigneur. Mais voici l'alliance que Je conclurai avec la maison d'Israël après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai Ma loi au-dedans d'eux et Je l'écrirai sur leur cœur ; Je serai leur Dieu et ils seront Mon peuple. Ils ne s'enseigneront plus les uns les autres, chacun disant à son frère : “Connaissez le Seigneur”, car tous Me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit le Seigneur, parce que Je pardonnerai leur iniquité et ne Me souviendrai plus de leurs péchés. Ainsi parle le Seigneur, qui a donné le soleil pour éclairer le jour et les lois de la lune et des étoiles pour éclairer la nuit, qui soulève la mer et fait gronder ses flots : le Seigneur des armées est Son nom » (Jr 31:31–35).
