RÉFLEXIONS pour Mt 17:14-27 — le 4 mai 2024

RÉFLEXIONS pour Mt 17:14-27

La lecture d'aujourd'hui comprend trois épisodes très différents. Le premier décrit la guérison d'un garçon possédé (v. 14–21) ; le troisième et dernier raconte l'histoire des didrachmes perçus comme impôt du Temple (v. 24–27). Au centre du récit se trouvent les paroles du Sauveur sur Sa mort prochaine sur la croix et sur la Résurrection (v. 22–23).

Pourtant, malgré toutes leurs différences, ces récits ont quelque chose en commun. Le troisième épisode est particulièrement révélateur à cet égard. Il s'agit d'un impôt spécial du Temple, obligatoire en Judée, mais qui, ailleurs, dans les lieux où vivaient des communautés juives, y compris en Galilée, avait plutôt le caractère d'une contribution volontaire. Jésus comprend parfaitement que ni Lui ni Ses disciples ne sont tenus de payer cet impôt (v. 25–26). Il ordonne pourtant à Pierre de le payer, ne voulant pas être pour leur entourage une occasion de chute (v. 27).

Jésus fait ici quelque chose dont Il n'a Lui-même nul besoin, qui ne Lui est pas imposé et qu'Il a parfaitement le droit de refuser. S'Il ne refuse pas, c'est uniquement pour les hommes qu'Il est venu sauver. On pourrait dire que c'est peu de chose ; mais la vie se compose en grande partie de ces petites choses. La prière et le jeûne sont eux aussi, pour le croyant, des pratiques ordinaires et quotidiennes. Si les Juifs croyants de l'époque évangélique voyaient dans la prière l'accomplissement d'un commandement et la considéraient donc comme obligatoire, le jeûne était strictement volontaire et n'était réglé que par la tradition. Les disciples de Jésus ne négligeaient sans doute pas, par principe, la prière et le jeûne.

Mais ce qui est habituel devient souvent si évident qu'il peut insensiblement passer au second plan. Or, si la prière passe au second plan, l'échec est inévitable : c'est ce qui arrive aux disciples lorsqu'ils tentent de guérir le possédé (v. 16). Ce n'est pas par hasard que Jésus évoque le jeûne : la tradition juive ne le connaît que comme une abstinence complète de nourriture et de boisson pendant la journée, et un tel jeûne devait inévitablement secouer l'homme et le réveiller de sa torpeur spirituelle. Alors, ce qui semblait peu de chose ne paraîtrait plus insignifiant : cela se révélerait pour ce que c'est réellement, l'un des éléments les plus importants de la vie spirituelle. Pourtant, on ne saurait en aucun cas considérer le jeûne comme une obligation religieuse : il s'agit précisément d'une limitation de soi strictement volontaire, à laquelle on peut consentir pour le bien du prochain, ou ne pas consentir ; mais l'aide peut alors devenir impossible. Et il ne reste ici qu'un pas du petit au grand.

En effet, Jésus Lui-même n'était nullement obligé de mourir sur la croix pour notre salut. S'Il le fait, c'est, là encore, uniquement de Son plein gré et par amour pour nous : ce même amour qui se manifeste en tout, dans les grandes choses comme dans les petites.