RÉFLEXIONS pour Mt 17:1-13 — le 3 mai 2024

RÉFLEXIONS pour Mt 17:1-13

La lecture d'aujourd'hui est consacrée à l'un des événements les plus importants du ministère terrestre du Sauveur : la Transfiguration. À en juger par la mention de huttes — les « tentes », au verset 4 —, elle eut lieu pendant la fête juive de Soukkot. Les Juifs croyants passaient traditionnellement ces jours dans des huttes, en pleine nature, dans un champ ou un jardin.

Soukkot était le temps de l'action de grâce pour la récolte qui venait d'être rentrée et du souvenir des jours passés au désert après l'Exode, alors que le peuple n'avait pas encore reçu la terre que Dieu lui avait promise. Et c'est précisément à ce moment que Jésus révèle le Royaume à Ses disciples, le leur montrant tel que nous le verrons à la fin des temps, lorsqu'il se dévoilera dans toute sa plénitude. Ils se trouvent comme dans un monde entièrement différent, alors que la scène se déroule manifestement sur terre, que ni Jésus ni Ses disciples n'ont quittée. Mais la terre se transfigure : une nuée lumineuse descend sur elle ; depuis le temps de Moïse, l'apparition d'une telle nuée était liée à une manifestation de Dieu et désignait le lieu de Sa présence (v. 5). Comme au temps de Moïse, la voix de Dieu retentit de cette nuée et rend témoignage à Jésus. Le visage de Jésus et toute Sa personne brillent de la lumière de l'humanité transfigurée (v. 2), et près de Lui apparaissent deux grands prophètes d'autrefois : Moïse et Élie (v. 3).

Manifestement, le temps s'écoule autrement dans le Royaume : il n'y a pas là de frontière infranchissable entre passé, présent et avenir. Tous ceux qui l'ont cherché peuvent donc y entrer, à quelque époque qu'ils aient vécu. Il n'est pas étonnant que les disciples ne veuillent pas quitter le lieu où le Royaume leur a été révélé ; ils sont prêts à rester pour toujours sur la montagne de la Transfiguration et ne souhaitent qu'une chose : que cette fête de Soukkot ne finisse jamais (v. 4). Mais c'était impossible : le Royaume ne s'était pas encore révélé dans toute sa plénitude ; un long chemin restait à parcourir, et il fallait le suivre jusqu'au bout.

Dans le Royaume, il n'y a pas de frontière infranchissable entre passé, présent et avenir ; mais elle existe dans notre monde non transfiguré. Le Royaume ne nous est donc révélé que pour un temps : pour nous, la fin des temps est encore à venir. Ce n'est pas par hasard que, précisément à ce moment, après que le Royaume s'est révélé aux disciples, Jésus commence à leur parler de Son chemin de croix, de la mort et de la Résurrection qui L'attendent (v. 9–13). Tel est le chemin du Royaume : il est proche, mais on ne peut y entrer autrement. Jésus avertit Ses disciples que la route sera difficile. Le Royaume est manifesté dans le monde, et le monde est désormais libre de l'accueillir ou de le rejeter. Mais le rejet du Royaume se traduira par la croix pour ceux qui désirent ardemment le trouver. Et le premier à monter sur la croix sera Celui qui a apporté le Royaume dans le monde.