RÉFLEXIONS pour Jn 2:1-12 — le 2 mai 2024

RÉFLEXIONS pour Jn 2:1-12

Les commentateurs interprètent toujours les noces de Cana en Galilée dans un contexte messianique, à la lumière de l'image du festin messianique. Et c'est bien ainsi : le symbolisme est trop clair et transparent pour qu'on en doute. Mais il n'y a guère davantage de raisons de douter qu'il s'agisse d'un événement tout à fait réel et terrestre. Un événement auquel Jésus participe comme un homme tout à fait ordinaire, parce que c'est aussi comme un homme tout à fait ordinaire qu'on L'y invite.

Le Messie reste toujours le Messie. Il ne peut être rien d'autre, où qu'Il aille. Partout, Il reste l'Homme avec une majuscule, même si ceux qui L'ont invité ne savent rien de cette majuscule et n'y pensent pas. Dès lors, Son intervention précisément en tant que Messie est possible partout où Son Père céleste peut agir d'une manière ou d'une autre, y compris pendant une cérémonie de mariage et au festin des noces.

La transformation de l'eau en vin est un thème de prédilection des prédicateurs. On le comprend : que d'allusions à l'Ancien et au Nouveau Testament ! L'eau changée en vin comme symbole du Royaume. Le parallèle avec Moïse, qui a changé l'eau en sang : là serait l'essence de l'Ancienne Alliance, tandis que dans l'eau changée en vin comme symbole du Royaume se trouverait celle de la Nouvelle Alliance… Et bien d'autres choses encore, dont on ne saurait se souvenir de toutes. Mais tout cela, ce sont des symboles. Des allusions. Des allégories. Or le Royaume n'est ni un symbole ni une allégorie. Le Royaume est une réalité. L'essentiel n'est pas que l'eau soit devenue du vin ; ce n'est pas la transformation en elle-même.

L'essentiel est le monde où une telle transformation devient possible. Pas seulement possible : dans le monde nouveau ouvert au nôtre par le Messie, de telles transformations deviennent la norme. Il ne s'agit évidemment ni de jarres magiques ni d'un talent particulier des serviteurs qui les remplissaient. Tout tient à Celui qui est intervenu. On a invité le Messie à un festin de noces, et Il est venu. Il aurait pu ne rien faire : le temps n'était pas encore venu. Mais on L'a invité, et Il est venu. On L'a sollicité, et Il a répondu. Il a exaucé la demande. Tout simplement, humainement. Comme toujours, cela s'est fait en Homme avec une majuscule. Il n'agit pas autrement. Il est toujours le Messie, et la plénitude du Royaume est toujours avec Lui. S'Il vient à un festin, ce festin devient messianique : c'est désormais un festin qui se déroule avec le Messie, dans Son Royaume.