RÉFLEXIONS pour Jn 12:1-18
« Un terrible malentendu » : c’est ainsi que le métropolite Antoine de Souroge qualifie la joie du peuple qui accueille le Christ aux portes de Jérusalem. Tout paraît triomphe et allégresse, mais voici la question que nous voulons nous poser à cet instant. Jésus se réjouit-Il de cette joie ? Est-ce peut-être pour Lui une nouvelle tentation de suivre la voie d’un chef politique ? Probablement pas ; sans doute avait-Il déjà tout compris à ce moment-là et regardait-Il avec une tranquille tristesse les gens qui agitaient des palmes. Mais s’il en est ainsi, si les gens eux-mêmes ne comprenaient pas de quoi ils se réjouissaient, comment ces paroles—« Hosanna au plus haut des cieux, béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur »—ont-elles pu prendre place à l’un des sommets de la liturgie ? Nous devons y discerner un sens. En réalité, les habitants de la Ville sainte et la multitude de pèlerins qui s’y étaient rassemblés participent deux fois à ce qui arrive : une fois en criant « Hosanna », une fois en criant « Crucifie-Le ». Beaucoup d’athées y voient même une contradiction. Bien sûr, il n’y en a aucune. Une séparation s’est simplement produite, comme celle des charges dans un champ électrique : les charges négatives d’un côté, les positives de l’autre. Il est très important de savoir de quel côté nous irons et avec qui nous serons. Même si nous ne comprenons pas les voies de Dieu qui passent devant nous, nous sommes avec Dieu.
