RÉFLEXIONS pour Jn 3:16-21
Les paroles de Jésus sur le Jugement prennent un sens particulier dans le contexte de Son entretien avec Nicodème sur le Royaume. En effet, la seconde naissance est inséparable de la vie du Royaume. On n’y entre pas simplement : il faut devenir un homme nouveau pour participer à sa vie. Dès ici et maintenant. Il faut naître de nouveau.
Mais que faire du péché ? Le Jugement est en effet la conséquence du péché, ou plus exactement de la condition pécheresse de l’être humain. Déjà les prophètes d’avant l’Exil parlaient du Jugement comme d’une rencontre face à face avec Dieu, au cours de laquelle tout ce qui est caché deviendrait visible. Ce n’est pas Dieu qui juge l’être humain : l’être humain se juge lui-même. Ou plutôt, c’est son propre péché qui le juge. Et voici une proposition unique. L’entrée dans le Royaume est ouverte à chacun, quels que soient ses péchés, accordée d’avance. Le Roi de ce Royaume, établi par Dieu, est investi de pouvoirs particuliers : Il a le droit d’accueillir quiconque se tourne vers Lui et Lui fait confiance, Lui confiant sa personne et sa vie.
Celui-là entrera dans le Royaume et participera à sa vie. Quant à ses péchés, le Roi S’en chargera Lui-même. Mais ce Roi ne chassera pas le pécheur du Royaume, à moins que celui-ci ne veuille partir de lui-même, refusant de travailler sur lui-même. En somme, tout ce qui concerne le Jugement sera, pour de telles personnes, lié au Roi ; en son temps, ce même Roi présentera chacun de Ses sujets à Dieu, Son Père céleste.
Une garantie est même proposée : si le sujet n’abandonne en aucune circonstance son Roi et accepte le travail sur lui-même et sur ses péchés que le Roi lui proposera, le pardon de ses péchés par le Père céleste lui est garanti. Une sorte de justice céleste déléguée. Une question se pose : qu’est-ce qui pourrait pousser une personne à refuser une proposition aussi avantageuse ? Une seule chose, manifestement : la certitude que, malgré ses péchés, elle ne travaillera pas sur elle-même. Non pas parce qu’elle ne le peut pas — le Roi connaît Ses sujets, et Ses tâches sont souvent difficiles, mais jamais impossibles — mais parce qu’elle ne le veut pas, pour des raisons connues d’elle seule. Quelles que soient ces raisons, une chose est claire : une telle personne préférera se tenir loin de Dieu, et du Royaume également. Elle détermine ainsi son propre destin dans l’éternité, car l’amour ne se commande pas.
