RÉFLEXIONS pour Ac 4:13-21
Témoigner engage une responsabilité. C’est avant tout à cette responsabilité que tient l’intransigeance des chrétiens, notamment celle des apôtres devant le Sanhédrin. Le service chrétien est en effet, en premier lieu, un témoignage. Même si l’on peut parfois avoir l’impression que les chrétiens s’occupent d’une multitude d’autres choses, le témoignage est premier et essentiel. Tout le reste n’en est que la forme. Bien sûr, si le christianisme n’était qu’une nouvelle religion de plus, tout serait différent. Une religion doit être enseignée.
Elle doit être diffusée en attirant de nouveaux adeptes. Avec le christianisme, tout est différent. Parce qu’il n’est pas une religion, mais une vie : la vie avec le Christ dans Son Royaume. Dans ce Royaume dont Il a Lui-même dit qu’il « s’est approché ». Qu’il est maintenant tout proche : il suffit de vouloir y entrer. Et de Lui faire confiance, car c’est Lui qui est le Roi de Son Royaume. Or la vie ne peut s’enseigner. Il y a pourtant beaucoup de gens qui aiment donner des leçons de vie. Mais, comme on le sait, leurs tentatives échouent généralement. On ne peut apprendre à vivre aux autres que par son propre exemple. Et si cela vaut pour toute vie en général, cela vaut particulièrement pour la vie chrétienne.
Parce que cette expérience est tout à fait inhabituelle. Inouïe. Une expérience qui, dans notre monde non transfiguré, est impossible par principe. Mais un exemple peut-il être bon si celui-là même qui le donne a peur ou honte d’en parler ouvertement ? Même en racontant quelque chose de tout à fait ordinaire, il est facile de perdre la confiance des auditeurs s’ils comprennent que celui qui parle tait quelque chose, a peur ou éprouve de la gêne. S’ils comprennent qu’il ne veut pas raconter une partie de son expérience, ils peuvent penser que cette expérience elle-même n’a pas été très réussie. Et c’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit du témoignage chrétien, car le témoin lui-même compte aussi.
Il importe de savoir s’il vit lui-même la vie dont il parle. Or il est facile de perdre cette vie. Il suffit d’un peu de duplicité lorsqu’on parle de l’essentiel. Ce n’est pas que Dieu punisse le mensonge. C’est que toute duplicité, surtout lorsqu’il s’agit de l’essentiel, détruit l’intégrité spirituelle de la personne. Alors la vie du Royaume s’en va. Et les apôtres comprenaient parfaitement ceci : s’ils cessaient d’être des témoins fidèles de Dieu, ils perdraient à la fois le Christ et le Royaume. C’est ce qu’ils ont dit directement au Sanhédrin, abandonnant la suite à la volonté de Dieu.
