RÉFLEXIONS pour Ac 4:1-12
En disant qu’il n’existe sur terre aucun autre nom par lequel on puisse être sauvé que celui de Jésus, Pierre fait une déclaration très importante, qui engage sa responsabilité. Car on ne pouvait parler ainsi que des noms sacrés, des noms de Dieu révélés par Dieu Lui-même pour que les êtres humains emploient précisément ces noms en s’adressant à Lui. Bien sûr, le nom « Jésus » (« Yeshoua ») contient le nom de Yahvé : il signifie littéralement « Yahvé sauve ».
Mais l’apôtre a manifestement autre chose encore en vue. Il parle, de toute évidence, de la divinité du Sauveur Lui-même. Or les conceptions messianiques traditionnelles de l’époque évangélique ne supposaient pas la divinité du Messie. Certes, on voyait en Lui une personne absolument unique, ne serait-ce que parce qu’Il était seul. Il ne pouvait y avoir deux Messies. Son ministère, comme Sa vocation elle-même, était absolument unique. Pourtant, dans la conscience des Juifs croyants de l’époque évangélique, le Messie était, par nature, un être humain ordinaire.
Il devient extraordinaire au moment où Dieu L’appelle à servir et révèle en Lui Sa vocation messianique. Dès lors, les miracles deviennent possibles, et même l’apparition d’une armée angélique si les circonstances l’exigent. Pierre, lui, voit les choses autrement. Il parle précisément de la divinité du Messie Lui-même. C’était tout naturel. Toute l’expérience du Royaume conduisait à cette compréhension de la figure du Messie. Car Lui-même avait toujours dit que Son Royaume n’était « pas de ce monde ».
Et il devint évident pour les apôtres, surtout après la Pentecôte, que le Messie porte Son Royaume avec Lui et en contient toute la plénitude en Lui-même. Cette plénitude, Il la révèle à quiconque est prêt à Lui faire confiance comme au Messie et au porteur du Royaume, et donc comme au Roi. Mais un tel Roi porte aussi en Lui toute la plénitude de Dieu. La vie de chaque être humain est une théophanie, une manifestation de Dieu, ne serait-ce que parce que chacun porte en lui ce souffle de vie qu’il a reçu de Dieu lors de sa création, au moment de sa conception. Il l’a reçu non par nature ni de la nature, mais de Dieu, selon Sa volonté.
C’est Son souffle dans l’être humain, Sa vie, que chacun contient dans la mesure qui lui est donnée et manifeste dans la mesure où il le veut et le peut. Mais dans le Christ, il n’y a pas simplement le souffle de vie : il y a toute la plénitude de la présence de Dieu. Une plénitude qui fait de cette présence non plus une simple présence, mais Dieu manifesté au monde, et de Celui qui manifeste cette plénitude, le Dieu-homme. Il est difficile de dire si Pierre aurait su formuler en langage théologique ce qu’il avait vécu. Mais il a dit ce qu’il a dit : au sujet du nom de Jésus, par lequel on peut être sauvé.
