RÉFLEXIONS pour Mt 2:11-12
L’Évangile selon Matthieu nous a conservé la tradition de la visite faite à Marie, peu après qu’Elle eut donné naissance à Jésus, par ceux que le texte synodal russe appelle, à la manière slave, les mages. Les traducteurs ont ainsi rendu le mot grec «magi», que nous trouvons dans le texte original de l’Évangile.
Qui étaient ces «magi» venus d’Orient? À l’est de l’Empire romain se trouvait la Perse, dont les relations avec Rome étaient loin d’être amicales. La religion d’État de la Perse aux temps évangéliques était le zoroastrisme. Les prêtres de cette religion étaient appelés en grec «mages». D’ailleurs, ces hommes ne pratiquaient pas la magie au sens moderne du mot.
Ils étaient les serviteurs du grand dieu bon nommé Ahura Mazda. Et ils menaient la guerre contre son sombre adversaire, appelé Angra Mainyu, ou, dans la prononciation grecque, Ahriman. Ils attendaient aussi celui qu’ils appelaient dans leur langue Saoshyant, ou Libérateur. Celui qui devait venir pour prendre la tête, sur la terre, de la grande guerre des forces de la lumière contre les forces des ténèbres. Et sans doute certains de ces hommes savaient-ils qu’ils n’étaient pas les seuls à attendre le Saoshyant. Qu’il y avait à l’Occident, dans une terre appelée Judée par ses habitants, un peuple qui attendait le même que lui. Seulement, ce peuple l’appelait autrement: l’Oint, le Messie. Et il s’est trouvé des hommes qui ont osé partir vers un pays ennemi pour trouver celui qu’ils attendaient tant.
Dieu a conduit ces hommes là où ils désiraient tant arriver. Et Il leur a donné de voir Celui qu’ils désiraient tant voir. Quant à eux, ils ont laissé à l’Enfant divin et à Sa Mère un cadeau royal. L’or, comme offrande au roi. L’encens, pour l’onction royale. Et la myrrhe, herbe sacrée des zoroastriens. Puis ils sont repartis comme ils étaient venus. Attendre le jour où le Saoshyant qu’ils avaient trouvé commencerait Sa guerre. Comme beaucoup de Juifs l’attendaient aussi. Ni les uns ni les autres ne savaient que la guerre serait tout autre que ce qu’ils imaginaient. Mais le Royaume aussi s’est révélé autre que ce que la majorité attendait. Et pourtant, celui qui voulait l’accueillir l’a accueilli. Car il s’agit, en fin de compte, de ce vers quoi l’on tend, et non de la manière dont on se le représente.
