RÉFLEXIONS pour Ex 15:22-16:36 — le 26 mars 2024

RÉFLEXIONS pour Ex 15:22-16:36

La première leçon que Dieu donna à Son peuple fut le chemin lui-même, de l’Égypte au Sinaï. Au centre du récit de ce chemin se trouve l’histoire de la manne, envoyée par Dieu en réponse aux murmures du peuple qui réclamait de la nourriture. À première vue, cette histoire paraît assez étrange : le commandement concernant le sabbat n’avait pas encore été donné, et pourtant Dieu, par Moïse, exigeait déjà en fait que le peuple l’observe (Ex 16:22–30). Mais, à y réfléchir, il n’y a là rien d’étrange : les commandements ne viennent pas à l’existence au moment où Dieu les révèle ; ils existent depuis qu’existent les relations entre Dieu et l’être humain, donc depuis que l’être humain lui-même existe. Et si l’humanité déchue les a parfois oubliés, cela ne signifie nullement que les commandements aient cessé de s’appliquer, pas plus que les lois de la nature n’ont cessé d’agir parce que les hommes les ignoraient. Mais pourquoi Dieu commence-t-Il à instruire Son peuple par une leçon consacrée au sabbat ? Pour le comprendre, il importe de se rappeler ce qu’était le sabbat pour le peuple de Dieu. Il ne s’agit pas ici de particularités du calendrier : le jour du sabbat est chaque septième jour, quel que soit son nom dans tel ou tel calendrier, à condition que ce jour soit entièrement consacré à Dieu. Pour cela, il importe d’apprendre à s’arrêter, à cesser ce jour-là son activité habituelle, même si elle consiste à gagner son pain quotidien. Il ne s’agit pas d’abnégation, mais de savoir discerner, derrière l’ordre naturel des choses, un autre ordre, spirituel. L’inertie psychologique pousse l’être humain à se comporter d’une certaine manière dans telle ou telle situation : par exemple, à faire des réserves pour les jours difficiles tant qu’il en a la possibilité (Ex 16:20). Mais pour discerner la volonté de Dieu derrière les événements, il importe de surmonter cette inertie, en renonçant par exemple, dans le cas présent, à de telles tentatives ; et Dieu le fait comprendre à Son peuple en rendant ces tentatives vaines. Puis, lorsque la collecte quotidienne de la manne devient une activité ordinaire, une habitude, il apparaît que chaque septième jour sera différent : il n’y aura rien à ramasser ce jour-là, qui ne ressemblera donc pas aux autres jours (Ex 16:26–27). Alors, l’être humain habitué à la routine quotidienne se trouve soustrait au flot des activités et des événements ordinaires qui l’empêche souvent de voir Dieu derrière ce quotidien. Le voile de l’habituel se déchire, et derrière lui apparaît Celui auquel il est impossible de s’habituer, même lorsqu’on a le bonheur de Le contempler chaque jour.