RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Ex 13:17-14:31

À la lecture du passage d’aujourd’hui, l’attention est attirée avant tout par la description des eaux de la mer qui s’écartent (Ex 14:19–22). Pourtant, ce miracle, comme tous les miracles de l’Exode, pourrait, si on le voulait, être expliqué par des causes tout à fait naturelles, comme l’ont déjà fait à maintes reprises des commentateurs d’esprit critique. Dieu ne S’impose pas, et les miracles ne deviennent des miracles que pour ceux qui souhaitent voir la main de Dieu dans les événements historiques. Pour ceux qui ne le veulent pas, il ne reste que le cours naturel des événements. En effet, un vent violent venant du désert pouvait fort bien repousser l’eau vers la mer et rendre praticables des lieux impraticables. Le texte hébreu ne parle pas à proprement parler de la mer Rouge, mais de la « mer des Roseaux », située dans la région des lacs Amers (aujourd’hui, le canal de Suez traverse ce territoire). Les lacs Amers formaient un système de lagunes reliées à la mer Rouge ; un vent du désert, en repoussant l’eau vers la mer, pouvait donc découvrir temporairement le fond et permettre aux Hébreux de gagner le désert. Mais l’essentiel est peut-être lié moins encore au passage miraculeux de la mer des Roseaux qu’à la présence même de Dieu, qui accompagnait le peuple sur le chemin de l’Égypte au Sinaï (Ex 13:21–22 ; 14:19–20). Désormais, cette présence accompagnera le peuple de Dieu tout au long de son histoire ultérieure, se manifestant sous différentes formes et dans diverses situations. C’est précisément elle qui fait du peuple de Dieu le peuple de Dieu. Les eaux qui s’écartent ne sont qu’un miracle parmi d’autres, un exemple de l’intervention divine dans une situation où Son peuple avait besoin d’aide. Aucun peuple de la terre n’est digne par lui-même de devenir le peuple de Dieu. Seule la présence immédiate de Dieu, Son action directe, pour ainsi dire, peut rendre digne le peuple que Dieu choisit pour en faire le Sien. Mais même après son élection, le peuple élu ne demeure élu qu’aussi longtemps qu’il reste fidèle à Celui qui l’a choisi. Chaque génération devra donc répondre encore et encore à l’appel de Dieu, car il n’y a pas d’élection sans relation réelle et vivante avec Dieu. Une telle relation ne se transmet pas par héritage et ne s’établit pas d’elle-même en vertu d’un quelconque « droit de l’élu ». Cela est vrai pour l’Église de l’Ancien Testament ; cela l’est d’autant plus pour l’Église du Christ.