RÉFLEXIONS pour Gn 2:4-19
Qu'est-ce donc que l'être humain : poussière terrestre ou image de Dieu ? Peut-être les deux ne se contredisent-ils nullement ? Si Dieu crée l'être humain « de la poussière », il n'y a manifestement rien de mauvais en cela. D'autant plus que, selon le témoignage du livre des Proverbes, l'univers entier est formé des « plus infimes grains de poussière ». Dès lors, être fait de poussière signifie, en bref, faire partie de l'univers créé par Dieu. Ni plus ni moins. Il n'y a assurément là rien d'humiliant. Mais où réside donc l'unicité de l'être humain ? On pourrait croire qu'il possède quelque chose d'unique appelé « âme ». Or les autres êtres vivants en ont une eux aussi. Au sens où les livres bibliques en parlent, l'âme est une sorte de force vitale propre à tout être vivant. L'être humain ne serait-il donc pas unique non plus en cela ? En quoi l'est-il alors ? L'être humain reçoit son âme, sa force vitale, avec le souffle que Dieu lui insuffle « dans les narines » (tel est le sens littéral du texte hébreu). En le recevant, il prend vie. Selon le témoignage de la Genèse, l'âme des animaux est liée au sang ; elle est un principe purement naturel qui appartient entièrement à celui qui la possède. Il en va autrement de l'être humain : son âme, sa vie, ne lui appartient pas en propre ; elle appartient à Dieu et lui est confiée pour qu'il en use. En un certain sens, on pourrait dire que l'être humain vit aussi longtemps que Dieu respire en lui. Pourtant, il ne devient pas pour autant un dieu ; il reste un être humain qui a néanmoins reçu de Dieu une liberté telle qu'il peut même, s'il le veut, oublier Celui entre les mains duquel se trouve sa vie. Mais s'il ne L'oublie pas, la vie humaine devient un processus véritablement divino-humain, où le souffle du Créateur s'unit à la volonté et à la conscience de l'être humain. Tel qu'il avait été conçu dès l'origine.
