RÉFLEXIONS pour Ps 78:1-33
L’une des idées bibliques les plus importantes est la nécessité de se souvenir de l’expérience historique, et non pas seulement d’évoquer avec nostalgie les événements passés, mais de vivre en se sentant inscrit dans le cours de l’histoire. Il ne faut pas dire : « C’est arrivé, puis c’est passé ; inutile même de s’en souvenir », car en réalité le passé ne passe pas, il demeure constamment avec nous, ce qui signifie qu’il est tout à fait légitime de mettre les actes d’aujourd’hui en relation avec ceux d’un lointain passé. Mais l’interdépendance des époques ne nous condamne pas fatalement, pourvu que l’expérience du passé ne devienne pas quelque chose de figé. Si le passé est vivant, alors, en résistant au mal et au péché, nous pourrons nous appuyer sur l’expérience ancienne de la victoire remportée sur eux.
La rétribution des péchés est souvent imaginée sous la forme de malheurs et de souffrances, et ceux-ci se produisent effectivement lorsque le mal commis entraîne de tristes conséquences qui reviennent sur ceux qui l’ont accompli. Mais les paroles selon lesquelles le Seigneur consuma leurs jours dans la vanité et leurs années dans l’effroi nous permettent de voir que la rétribution peut aussi s’accomplir au milieu d’un quotidien qui s’écoule « paisiblement », lorsque nous gaspillons sans talent le temps qu’Il nous a donné, lorsque nous dilapidons sans raison le don de la vie en futilités et en sottises.
