RÉFLEXIONS pour 3Jn 1:4
Ce n'est pas étonnant que Jean se réjouisse de la fidélité de ses enfants spirituels à la vérité. Probablement, il n'y a pas dans le monde un professeur spirituel ou instructeur, dont ne réjouirait pas la fidélité de ses enfants spirituels ou ses élèves à ce qu’il les a appris. Mais en effet, le christianisme n’est pas une certaine nouvelle doctrine, dont on pouvait d'une part, apprendre, et dont d'autre part, pourrait être étudié, comme les adeptes étudient n'importe quelles positions de leur doctrine. Ce n’est pas par hasard pour la description de l'état spirituel de ses enfants spirituels l'apôtre utilise le verbe «marcher» : dans l'Hébreu, et l’araméen le mot correspondant est utilisé aussi dans la signification «de se tenir à quelque chose» ou «suivre quelque chose».
Et dans la variante grecque de son message, Jean utilise le mot utilisé encore au temps d’Aristote pour désigner une conversation philosophique lente, pendant lequel les interlocuteurs s'approchent graduellement, pas à pas de la vérité. De telles conversations, d'ailleurs, étaient bien connues non seulement par les philosophes grecs, mais aussi par les professeurs des écoles et des académies traditionnelles judaïques. Et alors: la vérité est-elle inaccessible? Comme quelque chose d’abstrait, certainement pas. Comme un Royaume concret apporté au monde par un Messie concret — oui certainement. Mais le Royaume est avant tout la vie, ces relations vivantes avec Dieu, avec Christ, avec les prochains, qui forment l'espace spirituel du Royaume.
C'est cela pour ainsi dire la concrétisation du Royaume, tout le reste que nous pouvons dire de lui, y compris du point de vue théologique, est plutôt abstraction. Et on peut vivre, ou, en d’autres termes, demeurer dans le Royaume — se trouver en communion avec Dieu et les hommes et éprouver ces relations. Voici une telle expérience pourrait probablement être appelée comme le séjour à la vérité du point de vue du chrétien. En effet, le séjour à la vérité pour les chrétiens n’est pas la fidélité à la doctrine, mais la fidélité au Royaume. Et à Celui, Qui a apporté le Royaume au monde. Et donc c’est une communion continue, des relations constamment renouvelées et mises à jour. C’est en fait ce qu’on appelle la vie.
