RÉFLEXIONS pour Is 65:17-21
La Bible parle souvent de Dieu renouvelant Sa création à la fin des temps. Un ciel nouveau et une terre nouvelle : c’est ainsi qu’Isaïe décrit ce monde renouvelé. On pourrait croire qu’il s’agit de quelque chose d’entièrement nouveau et sans précédent : le monde devient le Royaume de Dieu. Pourtant, on ne saurait qualifier cet état de choses de nouveau et de sans précédent. Qu’était donc le monde au premier jour de la création, sinon le Royaume ? Il était tout entier pénétré de lumière, non de lumière physique, mais de la lumière de la présence de Dieu. Les ténèbres n’y avaient pas de place : Dieu avait séparé la lumière des ténèbres. Et Dieu était visible de partout dans ce monde : aucune frontière ne le divisait, et la présence de Dieu y était une réalité qu’aucun voile ne cachait.
Toutes les frontières, les barrières et les voiles sont apparus plus tard. C’est alors que Dieu est devenu caché. Sa présence doit être recherchée dans un monde transformé, défiguré par le mal et le péché. Le mal et le péché nous ont séparés de Dieu, devenant cette barrière même qui nous paraît parfois exister tout à fait indépendamment de nous. Mais s’il en est ainsi, à la fin des temps le monde ne fait que revenir à la normale. Non, bien sûr, à son ancien état du premier jour de la création, mais à la normale. Il redevient le Royaume, comme Dieu l’avait voulu. Il ne s’agit pourtant pas de la création d’un autre monde, mais du renouvellement du monde existant.
C’est toujours le même monde, mais il existe autrement, selon d’autres lois : il est donc renouvelé. Rien d’étonnant à cela, car le monde ne peut exister qu’en se renouvelant sans cesse. La parole de Dieu, par laquelle le monde a été créé, résonne en lui. Le souffle de Dieu y passe, l’empêchant de se désagréger et de devenir chaos. Ni la parole de Dieu ni Son souffle ne peuvent exister autrement que dans une dynamique. La parole est une révélation incessante. Le souffle est un processus ininterrompu.
Le monde ne peut accueillir et percevoir l’une et l’autre qu’en se renouvelant constamment. Et si nous ne le remarquons pas aujourd’hui, c’est avant tout parce que ni nous-mêmes ni le monde atteint par le péché ne vivons pleinement. Le ciel nouveau et la terre nouvelle ne sont pas simplement créés à neuf. Ils restent éternellement nouveaux en se renouvelant sans cesse. Sinon, le nouveau ne reste pas nouveau : dès que le processus s’arrête, un instant plus tard, ce qui est nouveau commence à vieillir. Seul ce qui se renouvelle sans cesse ne vieillit pas. De même que la parole et le souffle de Dieu sont toujours nouveaux pour le monde, le Royaume créé par cette parole et pénétré de ce souffle est toujours nouveau.
