RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Mc 12:27

Jésus cite le texte de l’Écriture selon lequel Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants, comme preuve de l’inévitabilité de la résurrection universelle, et non seulement de Sa propre résurrection. Si l’on examine ce verset dans son sens immédiat, on n’y trouvera rien de tel: il signifie seulement que Dieu est le Dieu de la vie, non le Dieu de la mort, et qu’Il conduit l’homme par le chemin de la vie en le délivrant de la mort.

D’ordinaire, cela était compris dans le contexte de la vie terrestre de l’homme: on supposait que Dieu pouvait, par exemple, délivrer le juste d’un danger mortel qui le menaçait, notamment pour montrer aux sceptiques qu’Il était réellement prêt à intervenir dans les événements et à soutenir Son témoin.

Cependant, on supposait en même temps comme allant de soi que tous les hommes sont mortels, et que même le juste à qui était échue une vie heureuse et longue finirait tout de même par mourir un jour. Une telle mort était et reste appelée «naturelle»; et bien qu’en réalité peu de gens y aient droit, elle était considérée dans les livres de l’Ancien Testament comme un modèle, pour ainsi dire une «mort idéale»: l’homme vivait la vie d’un juste et s’en allait paisiblement, laissant un héritage à ses enfants, qu’il avait bien entendu eu le temps d’éduquer pour qu’ils deviennent des justes comme lui. Ensuite, les justes attendaient la résurrection, mais c’était un événement distinct de leur vie terrestre.

Jésus dit, Lui, que la mort n’est jamais naturelle par définition: car Dieu est la source de la vie et la vie elle-même; Il n’a pas créé la mort, qui est devenue la conséquence de la chute ayant déformé la création. Sur ce fond, la résurrection n’est pas quelque chose d’accidentel, ni un miracle ordinaire de Dieu qui aurait toutefois pu ne pas avoir lieu; elle fait partie de ce plan de salut universel et de transfiguration de la création dont la venue du Messie est devenue le point culminant.

Dans le Royaume de Dieu, la mort ne peut exister précisément parce que c’est le Royaume de Dieu; et la vie, toute vie terrestre, a son fondement dans l’éternité de ce Royaume. Car la vie ne peut avoir aucune source naturelle, au sens de la nature, même si elle peut avoir, et a réellement, une projection naturelle. La vie elle-même est un processus spirituel, et ce qui, dans notre monde limité par l’espace et le temps, est perçu comme un court intervalle temporel demeure dans l’éternité du Royaume comme la plénitude, révélée dans telle ou telle mesure selon la qualité spirituelle de la vie vécue, d’une personne concrète qui y restera pour toujours.

Ou n’y restera pas, si dans la vie de l’homme il n’y avait rien du Royaume ni de ce souffle de Dieu dont il est pénétré. La résurrection n’est pas simplement le retour à la vie, mais le retour à la vie dans toute sa plénitude, dans la plénitude du Royaume. C’est pourquoi elle peut être pour l’homme aussi bien joie que souffrance. Et ce qui l’attendra dans l’éternité ne dépend que du choix de l’homme lui-même, choix qu’il lui faudra faire ici, dans cette vie.